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<title>La Tablée Nationale</title>
<description>Site d’information et outil de réflexion pour une action collective au service du progrès et de la justice sociale</description>
<link>http://latableenationale.zeblog.com/</link>
<language>fr</language>
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	<title>Non au fichier EDVIGE</title>
	<description><![CDATA[POUR OBTENIR L'ABANDON 
DU FICHIER "EDVIGE"
&nbsp;
Sans débat public préalable, le gouvernement, par un décret publié au Journal officiel du 1er juillet 2008, a considérablement accru les capacités de fichage de nos concitoyens. Ce fichage sera assuré, à l’avenir, par la Direction centrale de la sécurité publique (fusion des Renseignements Généraux et de la DST).
A cette fin, un nouveau fichier policier sera mis en place sous le nom d’EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale). Il recensera, de manière systématique et généralisée, toute personne «&nbsp;ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif&nbsp;». Sans exception, toutes les personnes engagées dans la vie de la cité sont donc visées.
En outre, ce fichage vise à permettre la collecte de renseignements identitaires sur les «&nbsp;suspects&nbsp;» (personne mais également groupe) simplement considérés, par la police, comme susceptibles, à l’avenir et de manière totalement hypothétique, de porter atteinte à «&nbsp;l’ordre public&nbsp;».
Il permettra de compiler toutes les notes de renseignements telles que&nbsp;: état civil, photographie mais aussi fréquentations, comportement, déplacements, appartenance ethnique, vie sexuelle, opinions politiques, philosophiques, religieuses, appartenances syndicales et associatives …
La police sera autorisée à consulter ce fichier en cas d’enquêtes administratives pour l’accès à certains emplois.
Les mineurs ne seront pas épargnés puisque fait sans précédent dans notre République et particulièrement choquant, leur fichage sera autorisé dès l’âge de 13 ans et cela sans qu’aucune infraction n’ait été commise et sur la seule base de leur dangerosité présumée.
Cette initiative gouvernementale, porteuse à l’évidence de nombreuses dérives, s’inscrit résolument dans le cadre de la mise en place d’une politique sécuritaire ouvertement revendiquée.
Le gouvernement est passé outre aux réserves émises par la Commission nationale Informatique et Libertés concernant ce fichier qui, dès sa parution, a suscité les plus vives réprobations de multiples organisations associatives, syndicales et politiques.
C’est pourquoi les organisations et les personnes signataires de cet appel&nbsp;:
-&nbsp;exigent le retrait du décret autorisant la mise en place du fichier EDVIGE qui institue un niveau de surveillance des citoyens totalement disproportionné et incompatible avec une conception digne de ce nom de l’état de droit,
- sollicitent le soutien et la signature de tous nos concitoyens et de toutes les organisations attachées aux libertés publiques, au respect de la vie privée et des droits de l’enfant,
-&nbsp;s’engagent à se constituer, dès le mois de septembre 2008, sous forme de Collectif afin de prendre toute initiative utile visant à obtenir des pouvoirs publics qu’ils renoncent à la mise en place du fichier EDVIGE.
&nbsp;
SIGNEZ LA PETITION&nbsp;EN LIGNE&nbsp;EN CLIQUANT SUR LE LIEN SUIVANT : 
JE SIGNE LA PETITION
&nbsp;]]></description>
	<link>http://latableenationale.zeblog.com/345240-non-au-fichier-edvige/</link>
	<author>Admin</author>
	<pubDate>Thu, 07 Aug 2008 16:06:00 +0200</pubDate> 
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<item>
	<title>Procès &quot;OGM&quot;</title>
	<description><![CDATA[Toulouse : Procès de 41 faucheurs volontaires d'OGM
article publié le 3/06/2008auteur-e(s) : Chloë Bénéteau




PROCÈS de 41 faucheurs volontaires d’OGM les 5 et 6 JUIN 2008

<IMG class=" format_png" style="WIDTH: 100px; HEIGHT: 99px" height=99 alt="PNG - 7.3 ko" src="http://www.france.attac.org/local/cache-vignettes/L100xH99/FV_LOGO-5-5caff-4dfaf.png" width=100> 
Les 5 et 6 juin, 41 faucheurs volontaires d’OGM seront jugés par le Tribunal de Grande Instance de Toulouse.
Ce procès intervient après un débat parlementaire très houleux qui s’est conclu le 22 mai par le vote d’une loi qui légalise en fait la contamination. En votant cette loi injuste et impopulaire, outrageusement en faveur des pro-OGM, les parlementaires ont foulé aux pieds le large consensus qui s’était dégagé lors du Grenelle de l’environnement, pour garantir la liberté de produire et de consommer sans OGM.
Les faucheurs volontaires ont largement contribué à ce que ce débat puisse avoir lieu en plein jour. Ils ont également largement contribué à ce que les OGM n’aient pas envahi nos champs et nos assiettes. Aujourd’hui, pour avoir défendu l’intérêt général contre les intérêts très privés des firmes agro-semencières, ils se retrouvent sur le banc des accusés&nbsp;!
Citoyens, associatifs, syndicalistes, élus, venez apporter votre soutien aux faucheurs volontaires d’OGM en participant au manifestations organisées autour de ce procès&nbsp;:
Le programme des journées&nbsp;: 
- Jeudi 5 juin
* 8h&nbsp;: rassemblement place du Capitole pour accompagner les prévenus jusqu’à la place du Salin (derrière le tribunal)
* 9H&nbsp;: début du procès.
* de 9h jusqu’à 18h place du Salin&nbsp;: village associatif, prises de parole, débats, musique, restauration, vidéos...
* 18h&nbsp;: départ en cortège vers la salle Jean Mermoz.
* à partir de 19H&nbsp;: restauration/musique sur place devant la salle Jean Mermoz.
* 20H30&nbsp;: le débat avec José Bové, Marie Monique Robin, Arnaud Apoteker, Christian Vélot, Gérald Assouline.
*Arnaud Apoteker responsable campagne OGM à Greenpeace.
* Gérald Assouline éco-sociologue.
* José Bové faucheur volontaire.
* Marie Monique Robin auteur et réalisatrice de ’’Le monde selon Monsanto’’.
* Christian Vélot enseignant chercheur en génétique moléculaire.
- Vendredi 6 juin
* 8h&nbsp;: rassemblement place du Capitole pour accompagner les prévenus jusqu’à la place du Salin.
* 9H&nbsp;: reprise du procès.
* de 9h jusqu’à ...&nbsp;?.. place du Salin&nbsp;: comme le jeudi.
&nbsp;&nbsp;!!! Jeudi 5 juin et vendredi 6 juin toute la journée&nbsp;: village associatif, prises de parole, débats, musique, restauration, vidéos...
Contacts&nbsp;:
Jacques 06 30 50 56 63
Marina 06 24 66 86 00
Jean-Marc 06 28 33 08 42
Michel 06 19 79 53 69
Toulouse : Procès de 41 faucheurs volontaires d’OGM
le jeudi 5 juin 2008 de 08:00 à 23:00 lieu&nbsp;: Place du Salin et Salle Jean Mermoz, Toulouse ]]></description>
	<link>http://latableenationale.zeblog.com/331129-proces-ogm/</link>
	<author>Admin</author>
	<pubDate>Wed, 04 Jun 2008 16:45:00 +0200</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>PRIMAIRES USA</title>
	<description><![CDATA[Quand Obama nous met l'eau à la "Bush"
par Amar ZOUAREG&nbsp;Qu'on se le dise!!!! Une fois n'est pas coutume, un noir amércain est en passe de réaliser le grand chlem pour l'investiture démocrate à la présidence des Etats-unis...Sa rivale à cours d'arguments, Hilary Clinton du clan "bill clinton" s'éssoufle inlassablement à&nbsp;éthniciser la campagne, parce qu'à cours d'arguments, et vraissemblablement parce que pour des raisons cyniques, elle avait toujours pensé que de toute façon face à un aphro-américain elle remporterait les primaires démocrates haut la main!&nbsp;Mais pour beaucoup d'américains,&nbsp;Obama ne représente pas uniquement une candidature "black". Au delà de sa&nbsp;couleur il représente l'espoir&nbsp;d'un avenir meilleur pour des centaines de millions d'américains qui se fichent pas mal de savoir si oui ou non un "black" peut être Président des Etats-Unis d'Amérique.&nbsp;Force est de constater que les choses ne se passe pas aussi facilement pour l'ex First Lady derrière qui plane l'ombre d'un mari prêt à tout pour revenir au pouvoir. &nbsp;Après les "Faucons" de Washington, grands initiateurs de l'ordre mondiale et de&nbsp;la lutte anti terroriste globale (mais néanmoins ciblée sur le Moyen Orient et là où y'a du pétrole!), les "vraicons" voudraient, à leur tour, nous faire passer des vessies pour des lanternes. &nbsp;Primo! Le retour de Bill Clinton via sa dulcinée ne présagerait rien de bon pour les droits de l'homme dans le monde;Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les états-unis sont&nbsp;impliqués directement ou indirectement dans plus de 40 guerres y compris sous Bill Clinton...&nbsp;Deuxio! Une administration&nbsp;"clintonienne" qui a fait défaut par le passé s'assurerait au minimum de la continuité du désordre mondial garant des ressources du pays le plus riche mais aussi&nbsp;le plus endetté du monde et qui vit, rappelons-le,&nbsp;au crochet de plus de 4 milliards d'être humains. Sur une dette totale de 3 500 milliards de dollars de l’Etat américain, 1 400 milliards sont aux mains d’étrangers, en grande partie européens et surtout asiatiques. &nbsp;Ainsi, les Etats-Unis prélèvent l’essentiel de l’épargne mondiale, évinçant les autres régions du monde de financements qui pourraient contribuer à leur croissance.&nbsp;&nbsp;Pour un monde meilleur, souhaitons vivement qu'Obama est la BARAKA !!!&nbsp;&nbsp;&nbsp;"Il faut reconnaître tout être humain, sans chercher à savoir s’il est blanc, noir, basané ou rouge ; lorsque l’on envisage l’humanité comme une seule famille, il ne peut être question d’intégration ni de mariage inter-racial".&nbsp;Malcom X]]></description>
	<link>http://latableenationale.zeblog.com/319667-primaires-usa/</link>
	<author>Admin</author>
	<pubDate>Sat, 10 May 2008 17:53:00 +0200</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Le mal-être raciste</title>
	<description><![CDATA[
Le mal-être blanc (Première partie), Le mal-être raciste 
Par Pierre Tevanian, 11 février

IntroductionCe texte, le premier que j’écris à la première personne, est le résultat d’une sollicitation des Indigènes de la République, pour une intervention à leur «&nbsp;Parlement anticolonialiste&nbsp;» d’octobre 2006. Après deux «&nbsp;indigènes&nbsp;» noirs et arabes répondant respectivement aux questions «&nbsp;Qu’est-ce qu’être noir dans la France de 2006&nbsp;?&nbsp;» et «&nbsp;Qu’est-ce qu’être arabe dans la France de 2006&nbsp;?&nbsp;», je devais en bonne logique répondre à la question «&nbsp;Qu’est-ce qu’être blanc dans la France de 2006&nbsp;?&nbsp;»… 

&nbsp;
Article
L’une des raisons pour lesquelles cette proposition m’a paru intéressante est son caractère déconcertant et difficile&nbsp;: jamais jusqu’à un passé récent je ne m’étais posé une telle question, car jamais on ne m’avait amené à me la poser. C’est du reste la première réponse que l’on peut apporter&nbsp;:
1. Être blanc, c’est ne pas avoir à se poser la question «&nbsp;qu’est-ce qu’être blanc&nbsp;?&nbsp;», ne pas avoir, contrairement aux noirs, arabes et autres non-blancs, à s’interroger sur soi-même, son identité et la place qu’on occupe dans la société, parce que cette place va en quelque sorte de soi.
Du moins cette place va de soi dans la mesure où, en plus d’être blanc, je suis de sexe masculin, hétérosexuel, et d’origine sociale aisée. À peu près tout ce que je vais dire sur ce qu’est être un blanc peut s’appliquer à être un hétéro, être un mec ou être un bourgeois.
Etre blanc n’est en effet pas simplement une affaire de couleur de peau. Jack Lang ou Jacques Séguéla par exemple ont le teint plus mat que beaucoup d’Arabes, d’Antillais ou de métis, mais ce sont eux les blancs. Être blanc ne signifie pas simplement avoir la peau claire, mais plutôt&nbsp;: ne pas être identifié comme un noir, un arabe, un asiatique un turc, un musulman, bref&nbsp;: ne pas être un indigène. Être blanc ne veut rien dire d’autre que&nbsp;: ne pas porter certains stigmates – d’où une seconde réponse&nbsp;:
2. Être blanc, c’est avant tout ne pas subir la discrimination comme les non-blancs la subissent. Ce n’est pas avoir une certaine couleur mais occuper une certaine place – un certain rang social.
Blanc n’est en effet pas une catégorie raciale, mais une catégorie sociale. La race est, comme la classe et le sexe, une construction sociale, et le racisme, comme la domination économique et l’oppression sexiste, s’incarne dans une souffrance sociale&nbsp;: ne pas trouver d’emploi ou de logement parce qu’on est noir ou arabe, être exclu de l’école parce qu’on porte un voile, etc. La «&nbsp;question raciale&nbsp;» n’est donc pas dans un rapport d’altérité avec la «&nbsp;question sociale&nbsp;»&nbsp;: elle en est une composante. C’est tout l’intérêt d’un mouvement comme le mouvement des indigènes de la république que de l’avoir souligné&nbsp;: loin d’ethniciser le social et la politique, comme on le leur reproche, les Indigènes font exactement le contraire&nbsp;: ils socialisent et politisent la race – au sens où, d’un ordre symbolique et social racisé, ils proposent une analyse sociale et politique.
Être blanc, pour des raisons multiples qui devraient paraître évidentes à tous mais ne le sont pas et que je tâcherai d’évoquer, est plus confortable qu’être non-blanc. Mais il existe pourtant un «&nbsp;mal être blanc&nbsp;», ou plutôt diverses formes de mal-être blanc. J’emploie cette formule en clin d’oeil à deux livres de Dominique Vidal&nbsp;: Le mal-être juif et Le mal-être arabe. Indépendamment de l’intérêt – réel – de ces livres, j’ai toujours éprouvé un certain malaise, lié à leurs titres, car pour ma part, le plus urgent était de parler du mal-être blanc. J’entends par là que les Blancs sont malades d’une maladie qui s’appelle le racisme et qui les affecte tous, sur des modes différents, même – j’y reviendrai – lorsqu’ils ne sont pas à proprement parler des racistes, que ce racisme consiste en une oppression systémique aux dépens par exemple des arabes, et que c’est cette oppression raciste qui engendre chez celles et ceux qui la subissent ce fameux mal-être arabe dont parle Dominique Vidal.
Voilà donc un premier mal-être blanc. Une première maladie, qui s’appelle tout simplement le racisme, dont le stimulus extérieur est toujours le même&nbsp;: le noir, l’arabe, le musulman, bref les non-blancs, ou plus précisément les non-blancs lorsqu’ils se pensent, s’expriment et se comportent comme des égaux. Car c’est bien la prétention à l’égalité, et non pas une simple différence de couleur, qui littéralement rend malade un nombre considérable de blancs, petits et grands&nbsp;[1]. Cette maladie se traduit par des symptômes divers, qui peuvent s’apparenter entre autres à la névrose obsessionnelle, la phobie, la psychose, les maux d’estomac (les fameux problèmes d’assimilation), la constipation, les vomissements, les convulsions ou les crises de nerf. Cette forme exacerbée du mal-être blanc, dans lequel un Le Pen, un De Villiers, un Michel Houellebecq, un Max Gallo, un Alain Finkielkraut, un Philippe Val ou un Robert Redeker puisent leur inspiration, j’ai pour ma part la prétention de l’avoir dépassée – même si l’emprise des préjugés racistes et leur réactivation politique et médiatique quotidienne exige une vigilance de tous les instants.
Mais j’ai eu l’occasion de connaître un autre mal-être blanc&nbsp;: celui des antiracistes.
&nbsp;
Le mal-être blanc (Deuxième partie), Le mal-être anti-raciste 
Par Pierre Tevanian, 2 janvier

IntroductionIl y a un mal-être raciste mais il y a aussi un autre mal-être blanc&nbsp;: celui des antiracistes. Dans la gauche dite antiraciste, je suis en effet tombé sur des gens qui devenaient littéralement malades lorsqu’on les qualifiait de blancs. Ils manifestaient donc un mal-être blanc au sens le plus littéral – puisque c’est le simple fait d’être blancs, ou plus précisément identifiés comme tels, qui provoquait tout le mal… 
&nbsp;

Article
Qu’on m’entende bien&nbsp;: je ne parle pas de gens qui prendraient mal le fait d’être traités de «&nbsp;petits blancs&nbsp;», ce qui serait compréhensible étant donné qu’il s’agit d’une injure politique&nbsp;; je parle de gens qui s’offusquent du seul fait d’être qualifiés de «&nbsp;blancs&nbsp;», sans que ce constat – car c’est un constat&nbsp;: ils sont blancs – ait la moindre intention injurieuse. J’ai été surpris par exemple de la violence des réactions lorsque j’ai fait remarquer que certains plateaux télévisés étaient composés à 100% de blancs, ou quand j’ai décrit l’assistance d’un meeting des Ni putes ni soumises comme une assemblée blanche.
Cela s’est reproduit au MRAP, dont j’étais membre et que j’ai fini par quitter, où l’on m’a plusieurs fois accusé de racisme ou de dérive ethniciste pour avoir simplement constaté – et problématisé – le fait que les assemblées du MRAP sont quasi-totalement blanches. On dit que lorsque le sage montre la lune, le fou regarde le doigt, et j’ai en l’occurrence la prétention d’avoir été le sage&nbsp;: j’ai pointé du doigt une discrimination systémique flagrante à l’encontre des non-blancs (le fait qu’ils sont non-représentés ou sous-représentés, y compris au sein d’une association antiraciste), et mes adversaires au sein du MRAP ont été les fous qui regardaient le doigt en me répondant très sérieusement que c’était moi le raciste – raciste contre les blancs présents dans la salle.
Voilà donc ce que j’appelle le second mal-être blanc&nbsp;: il existe une catégorie de blancs qui sont prêts à faire des efforts de solidarité avec les non-blancs, mais qui ne supportent pas que soient contesté leur privilège, leur monopolisation de la juste cause antiraciste, ou en tout cas qui ne supportent pas d’être qualifiés de «&nbsp;blancs&nbsp;».
Ce qui est insupportable est d’abord le simple fait d’être particularisé, parce que nous avons été élevés depuis le berceau dans l’idée que nous représentons l’universel, l’homme tout court, l’homme achevé, l’homme complet, l’homme-même. A tel point d’ailleurs qu’on parle des gens «&nbsp;de couleur&nbsp;» pour parler des noirs, des arabes et des asiatiques, mais pas de nous mêmes – comme si nous n’avions pas, nous aussi, une couleur&nbsp;: blanc&nbsp;!
Ce qui peut être insupportable, c’est également de se représenter comme des privilégiés ou des dominants. C’est pourtant la vérité, mais cette vérité est insupportable – et cette remarque vaut là encore aussi bien pour des hommes, des hétéros et des bourgeois&nbsp;[1].
Cette seconde manière de vivre sa condition blanche, sur le mode de la dénégation&nbsp;: «&nbsp;Je ne suis pas un blanc, nous sommes tous des êtres humains, les races n’existent pas.&nbsp;», est sans doute la plus répandue. Elle peut se résumer par la formule suivante&nbsp;:
«&nbsp;Il n’y a pas de différence entre blancs et noirs&nbsp;»
Cet énoncé est à la fois vrai et faux – ou plus exactement, il est vrai abstraitement et concrètement faux&nbsp;:
<IMG height=8 alt=- src="http://lmsi.net/v2.1/puce_default.gif" width=10>&nbsp;ce qui est vrai est que les races n’existent pas en tant que réalité biologique, pas plus que les ethnies ou les cultures en tant qu’essences homogènes&nbsp;;
<IMG height=8 alt=- src="http://lmsi.net/v2.1/puce_default.gif" width=10>&nbsp;ce qui est faux est de nier toute existence à «&nbsp;la race&nbsp;».
En effet, si les races n’existent pas en tant que réalités biologiques, elles existent bel et bien en tant que croyance collective, et cette croyance se répercute dans la réalité sous la forme de paroles et d’actes – injures, discriminations – qui font qu’être blanc et être noir sont deux expériences très différentes.
En d’autres termes&nbsp;:
<IMG height=8 alt=- src="http://lmsi.net/v2.1/puce_default.gif" width=10>&nbsp;il est vrai que nous ne sommes des noirs, des arabes ou des blancs – c’est-à-dire des êtres qui se réduisent à une couleur ou à une origine – que dans le regard de l’autre&nbsp;;
<IMG height=8 alt=- src="http://lmsi.net/v2.1/puce_default.gif" width=10>&nbsp;mais une fois cette évidence posée, le problème demeure, dans la mesure où toute l’existence humaine est une existence sociale, une existence avec les autres, une existence tout entière produite par les relations que nous tissons avec les autres, donc une existence conditionnée par le regard de l’autre.
On pourra donc toujours dire qu’entre blanc et noir, il n’y a pas de différence, mais entre blanc et noir, au-delà de la différence réelle ou supposée, il y a l’inégalité. Et c’est le déni de cette inégalité, ou plutôt l’écoeurement devant ce déni, qui m’a fait accepter avec un certain enthousiasme la question que me posaient les Indigènes de la République.
Ce second mal-être blanc, ce refus d’être nommé «&nbsp;blanc&nbsp;», n’est pas non plus le mien. Je ne me souviens pas m’être jamais mis en colère du simple fait qu’on m’ait qualifié de blanc – même si bêtement, parce que programmé ainsi, il est arrivé que cela me «&nbsp;fasse bizarre&nbsp;».
Il m’arrive même, de plus en plus, de me qualifier moi même de blanc, parce que telle est bien ma couleur – et surtout tel est mon rang social, mon privilège.
&nbsp;
Le mal-être blanc (Troisième partie), Mon propre mal-être 
Par Pierre Tevanian, 2 janvier

IntroductionJ’en viens à un troisième mal-être blanc, que je ressens profondément celui-là&nbsp;: le mal-être des blancs que l’appel des Indigènes n’a pas rendus malades, le mal-être des blancs que ne rend pas malade le fait d’être nommés «&nbsp;blancs&nbsp;». Car si être nommé blancs –&nbsp;et l’être par des non-blancs&nbsp;– ne nous rend pas malades, nous avons pourtant, nous aussi, notre propre maladie… 

&nbsp;
Article

Une première manière de parler de ce mal-être est la manière bête et méchante de nos ennemis&nbsp;:
«&nbsp;Haine de soi&nbsp;»
«&nbsp;Complexe&nbsp;»
«&nbsp;Culpabilité post-coloniale&nbsp;»… 
Un responsable national du MRAP a aussi jugé pertinent et spirituel d’écrire que j’étais
«&nbsp;un bounty à l’envers&nbsp;: blanc à l’extérieur, noir ou arabe à l’intérieur, ou du moins se rêvant noir ou arabe, avec en prime un voile sur la tête.&nbsp;»&nbsp;[1]
Ce registre est assez classique chez tous les racistes&nbsp;: c’est l’idée banale selon laquelle le blanc qui se solidarise avec les noirs en lutte est un «&nbsp;négrophile&nbsp;», voir un «&nbsp;lécheur de nègres&nbsp;» comme on le disait aux Etats Unis à l’époque des droits civiques&nbsp;[2], ou que celui qui se solidarise avec des musulmans est «&nbsp;islamophile&nbsp;». On peut donc, si on y tient, me qualifier d’islamophile, de lécheur de nègres ou même de suceur de bites de barbus&nbsp;[3] mais il se trouve que ce n’est pas ça. Il se trouve aussi que je ne me sens pas coupable des crimes d’arrière-grands parents colons qu’au demeurant je n’ai pas. Mon mal-être blanc est d’une autre nature. Il est lié à ce que c’est qu’être blanc, en France, en 2006.
Parce qu’être blanc en France, en 2006, en un mot, c’est être un dominant – même si, comme pour tout dominant, être blanc c’est aussi être élevé dans l’idée que l’on n’est pas dominant, que l’on est comme tout le monde, qu’on vit dans une société globalement égalitaire, et que notre réussite n’est que le fruit de nos dons et de nos efforts personnels. D’où une troisième réponse&nbsp;:
3. Etre blanc c’est être élevé dans cette double imposture&nbsp;: un privilège exorbitant, et la dénégation de ce privilège. 
Une imposture dont on ne peut s’extraire que difficilement et imparfaitement, par une ascèse de tous les instants, en se mettant à l’écoute et en se laissant bousculer par des non-blancs – de la même manière qu’on s’extrait, tout aussi difficilement et tout aussi partiellement, de sa condition de mec, d’hétéro ou de bourgeois.
Le privilège blanc
Pour donner un aperçu concret de ce privilège blanc, je partirai d’une expérience personnelle. J’ai été amené, au fil de divers engagements, à écrire (dans des journaux, dans des livres, sur internet) à propos des violences policières et de leur impunité, de l’occultation du passé colonial (et notamment du 17 octobre 1961) et de la loi antivoile. Sur chacune de ces trois questions, j’ai vécu une expérience similaire&nbsp;: je me suis retrouvé dans cette situation assez gênante où des personnes directement concernées par ces questions – des descendants de colonisés, des gens dont les proches ont été victimes de violences policières, des filles voilées ou leurs frères et sœurs – me remerciaient d’une manière qui m’apparaissait démesurée ou paradoxale. J’entends par là que, oralement, par lettre ou par mail, ces gens me disaient en substance deux choses contradictoires&nbsp;: d’abord ils me remerciaient infiniment, comme on remercie en principe celui qui nous a sortis de l’erreur et qui nous a apporté un savoir et une intelligence du réel que nous n’avions pas avant de le lire&nbsp;; puis, juste après, ils me disaient que j’étais dans le vrai, mais à un point que je ne soupçonnais pas, car ils savaient, eux, pour la vivre, que je n’avais fait qu’effleurer la situation de violence qui leur était faite.
Ces personnes me remerciaient donc comme si je leur apprenais tout et dans le même temps elles me signifiaient que je ne leur apprenais rien. Elles me signifiaient même que c’étaient elles qui avaient des choses à m’apprendre. Bref&nbsp;: elles me signifiaient, sans m’en tenir rigueur, bien au contraire&nbsp;[4], que mes écrits ne valaient pour elles pas tant pour ce qu’ils disaient que pour le fait que c’était moi, un blanc, qui parlait. Ce que ces personnes trouvaient dans mes textes n’était pas de l’ordre de la connaissance mais de la reconnaissance. Ces textes ne venaient pas combler un manque de savoir, ils levaient – ou contribuaient à lever – un interdit. Certains me demandaient même, purement et simplement, de parler à leur place. Et dans tous les cas, que ce soit pour me demander de parler ou pour simplement me remercier d’avoir parlé, on me disait, parfois indirectement, parfois explicitement&nbsp;:
«&nbsp;Quand c’est vous qui le dites ce n’est pas pareil&nbsp;».
Et plus explicitement encore&nbsp;:
«&nbsp;Moi je ne peux pas le dire, si je le dis on me dit que je suis parano, que je suis dans la victimisation&nbsp;»
Ou encore (dans le cas de l’affaire du voile)&nbsp;:
«&nbsp;Si moi je le dis on croit que c’est du double discours&nbsp;». 
J’ai définitivement compris, à partir de ces expériences, que j’étais un blanc, et qu’
4. Être blanc c’est être légitime, crédible, pris au sérieux, comme ne peuvent pas l’être des non-blancs.
Être légitime 
Là encore, je pourrais aussi parler, en des termes voisins, de ce que signifie, dans la France d’aujourd’hui, être hétérosexuel, de sexe masculin et d’origine bourgeoise. Il y a beaucoup de points communs avec le statut de blanc, et notamment celui-ci&nbsp;: quand on a l’une de ces propriétés, et a fortiori quand on les a toutes, on est légitime. J’entends par là
<IMG height=8 alt=- src="http://lmsi.net/v2.1/puce_default.gif" width=10>&nbsp;qu’on se sent autorisé à penser, à parler, à viser des objectifs élevés, des diplômes et des professions prestigieuses
<IMG height=8 alt=- src="http://lmsi.net/v2.1/puce_default.gif" width=10>&nbsp;qu’on bénéficie ensuite de davantage de ressources pour y parvenir
<IMG height=8 alt=- src="http://lmsi.net/v2.1/puce_default.gif" width=10>&nbsp;que l’on rencontre moins d’obstacles.
Alors que, lorsqu’on est une femme, un homo, un prolo, un noir, un arabe, le simple fait de s’autoriser à penser, imaginer, prétendre à tel ou tel titre de prestige, est une conquête qui exige des efforts considérables. Ce que mon expérience de mec hétéro blanc fils de prof a de spécifique, quand je la confronte à celle de tous les homos, de tous les prolos, de toutes les femmes ou de tous les non-blancs que j’ai rencontrés dans mon existence, c’est avant tout cela&nbsp;: je n’ai pas le souvenir d’avoir eu un jour de véritables doutes sur le bien-fondé de mes ambitions scolaires, professionnelles, intellectuelles, et même existentielles. Contrairement à un non-blanc, je n’ai jamais eu à me battre contre l’idée que telles ou telles études, telle ou telle ambition, tel ou tel métier, telle ou telle activité – par exemple étudier la philosophie, l’enseigner, publier des textes, des articles, des livres, ou parler en public comme j’ai pu le faire au «&nbsp;Parlement des Indigènes&nbsp;» – ce n’était pas pour moi. Je ne me suis même jamais vraiment posé la question.
Je crois pourtant être quelqu’un qui se pose des questions. Mais pas celle-là. Je ne crois pourtant pas être, comme individu, quelqu’un de particulièrement sûr de lui ni de particulièrement prétentieux. Mais justement, être blanc c’est cela&nbsp;: parce que je suis blanc, je n’ai pas besoin d’avoir ou de développer, en tant qu’individu, ces traits de personnalité. Je n’ai pas à être quelqu’un de particulièrement prétentieux, mon statut de mec blanc hétéro fils de prof le fait pour moi. Je n’ai pas à être quelqu’un de particulièrement sûr de lui ou vaniteux pour m’autoriser à penser ou parler&nbsp;: mon statut d’hétéro blanc fils de prof suffit à m’autoriser à peu près tout. Je n’ai pas à être quelqu’un de particulièrement ambitieux pour ambitionner les plus hautes études, les plus hautes carrières&nbsp;: mon statut de bourgeois blanc hétéro m’amène à les ambitionner «&nbsp;tout naturellement&nbsp;». Le grand bénéfice personnel que me procure cette république bourgeoise, raciste et hétérosexiste dans laquelle je suis né et dans laquelle je vis encore, le bénéfice qu’elle procure à n’importe quel bourgeois blanc de sexe masculin et de tendance hétérosexuelle – et qu’elle ne procure pas moins au plus antiraciste et au plus antisexiste qu’au plus raciste et au plus hétérosexiste – c’est celui-là&nbsp;:
<IMG height=8 alt=- src="http://lmsi.net/v2.1/puce_default.gif" width=10>&nbsp;je peux tout ambitionner sans même m’abaisser à devenir «&nbsp;un ambitieux&nbsp;»
<IMG height=8 alt=- src="http://lmsi.net/v2.1/puce_default.gif" width=10>&nbsp;je peux gagner beaucoup sans m’abaisser à devenir «&nbsp;un gagneur&nbsp;»
<IMG height=8 alt=- src="http://lmsi.net/v2.1/puce_default.gif" width=10>&nbsp;une carrière m’est ouverte même si je ne suis pas «&nbsp;un carriériste&nbsp;»
<IMG height=8 alt=- src="http://lmsi.net/v2.1/puce_default.gif" width=10>&nbsp;je peux «&nbsp;arriver&nbsp;» à quelque chose sans pour cela devoir être «&nbsp;un arriviste&nbsp;».
On m’objectera le fameux mérite. Comme Alain Finkielkraut passe son temps à le répéter,cette république ne m’a pas tout donné&nbsp;: j’ai dû travailler pour réussir mes études, mes examens, mes concours de recrutement, ou pour écrire des livres acceptés par des éditeurs. Mais je sais aussi que pour réussir le même type de parcours, un non-blanc, comme une femme, comme un prolo, comme un homo, doit mobiliser deux fois plus de qualités individuelles. Ce qui peut se dire autrement&nbsp;: je dois mobiliser deux fois moins. J’ai dû travailler beaucoup pour réussir tout ce que j’ai réussi, mais deux fois moins que des prolos, des femmes ou des non-blancs.
Ou si l’on croit aux dons naturels plutôt qu’au travail&nbsp;: il a bien fallu que je sois naturellement doué pour réussir ce que j’ai réussi, mais deux fois moins doué que les non-blancs qui ont réussi les mêmes choses.
J’ai dû faire deux fois moins d’efforts pour réussir ce que j’entreprenais, mais auparavant j’avais déjà dû faire dix fois moins d’efforts pour seulement penser à l’entreprendre, pour m’autoriser à avoir ces aspirations. Pour s’autoriser la même chose, un non-blanc, comme une femme, un homo, un prolo, doit développer une personnalité particulière, avec des qualités ou des défauts particuliers. Il doit être tout ce que je n’ai pas eu à être&nbsp;: exceptionnellement intelligent, courageux, persévérant, confiant, inébranlable, ou bien prétentieux, ambitieux, arriviste, ou encore téméraire ou enfin complètement fou. Être un bourgeois blanc hétérosexuel me met à l’abri de cette folie.
&nbsp;
Le mal-être blanc (Quatrième partie), Que faire de ce qu’on a fait de nous&nbsp;? 
Par Pierre Tevanian, 2 janvier

IntroductionCette dernière partie récapitule les trois grandes modalités sous lesquelles la condition blanche peut être vécue&nbsp;: l’adhésion, la dénégation ou la conscientisation – laquelle peut être vécue à son tour sous trois modalités&nbsp;: le cynisme, la mauvaise conscience ou la traîtrise. Par élimination, je choisis la traîtrise, voici pourquoi. 

&nbsp;
Article

Cette condition blanche que je viens d’évoquer, chaque blanc a le «&nbsp;choix&nbsp;»&nbsp;[1] de le vivre sous différents modes, impliquant chacun une forme spécifique de mal-être – surtout lorsque, officiellement, notre système de valeurs se fonde sur la liberté l’égalité et la fraternité. Trois grandes options sont possibles&nbsp;:
<IMG height=8 alt=- src="http://lmsi.net/v2.1/puce_default.gif" width=10>&nbsp;l’adhésion, qui consiste à faire corps avec son rôle de blanc, sans la moindre distance, le moindre recul, la moindre réflexivité, et à mépriser tranquillement les non-blancs&nbsp;;&nbsp;mais alors le mal-être nous rattrapera forcément, sous la forme d’une peur panique, à chaque fois que des non-blancs relèvent la tête et viennent nous rappeler qu’ils existent, qu’ils sont là et qu’ils sont nos égaux.
<IMG height=8 alt=- src="http://lmsi.net/v2.1/puce_default.gif" width=10>&nbsp;la dénégation («&nbsp;il n’y a pas de couleurs, blanc et noir c’est pareil, il n’y a qu’une race la race humaine&nbsp;»)&nbsp;; mais là encore le mal-être nous rattrape, à chaque fois que quelqu’un vient nous mettre sous les yeux nos privilèges de blanc, à chaque fois que quelqu’un nous appelle «&nbsp;blanc&nbsp;», à chaque fois que le mot «&nbsp;blanc&nbsp;» est prononcé.
<IMG height=8 alt=- src="http://lmsi.net/v2.1/puce_default.gif" width=10>&nbsp;&nbsp;la conscientisation, qui consiste à assumer pleinement sa condition de blanc, en considérant que le blanc n’existe certes pas comme race au sens biologique du terme mais existe bel et bien comme croyance et comme rang social.
Cette prise de conscience ouvre à son tour sur trois modes d’existence – sur lesquels on peut se fixer, mais entre lesquels on peut aussi hésiter ou naviguer, sans forcément en avoir une pleine conscience et une pleine maîtrise&nbsp;:
<IMG height=8 alt=- src="http://lmsi.net/v2.1/puce_default.gif" width=10>&nbsp;La première possibilité, plutôt rare, est le cynisme&nbsp;:
«&nbsp;Je sais que j’occupe une place privilégiée, je sais que je n’ai eu qu’à naître blanc (comme, sur d’autres plans, je n’ai eu qu’à naître mec, hétéro, bourgeois) pour occuper cette place privilégiée, je jouis de mon privilège et tant pis pour les non-blancs&nbsp;; la liberté, l’égalité et la fraternité, je sais que c’est du vent, mais la conscience de cette imposture ne m’empêche pas de vivre&nbsp;».
<IMG height=8 alt=- src="http://lmsi.net/v2.1/puce_default.gif" width=10>&nbsp;Plus fréquente est la seconde option&nbsp;: la mauvaise conscience, qui ne fait guère avancer la situation des non-blancs mais me paraît, à tout prendre, une posture subjective moins écoeurante que la bonne conscience et l’arrogance qui prédominent dans ce pays, jusque dans les milieux progressistes et antiracistes.
<IMG height=8 alt=- src="http://lmsi.net/v2.1/puce_default.gif" width=10>&nbsp;La dernière solution, enfin, consiste à être autant que possible aux côtés des sans-papiers, des filles voilées exclues de l’école, des émeutiers emprisonnés, de tous ceux qui luttent contre l’impunité policière, des Indigènes de la république… – à être en somme partout où des non-blancs se réunissent pour détruire la domination blanche.
Cette dernière option est à mes yeux la meilleure. Elle consiste à être non pas un blanc honteux ou un blanc complexé, comme des adversaires m’accusent de l’être, mais un traître blanc. Il ne s’agit pas de détester sa couleur ou de détester les siens&nbsp;[2], mais de détester son privilège, et le système social qui le fonde.
Éloge de la traîtrise
Cette traîtrise est pour moi la meilleure solution. Le passage à l’ennemi est certes immoral lorsqu’on est issu de classe dominée et qu’on choisit de collaborer avec la classe dominante&nbsp;; mais c’est un acte moral, le seul acte moral possible lorsqu’on est issu de la classe dominante et qu’on ne veut vivre ni dans le mensonge, ni dans le cynisme, ni dans l’impuissance et la mauvaise conscience.
Une telle conclusion laisse bien sûr en suspens une question énorme&nbsp;: celle des modalités concrètes de la traîtrise. De nombreux problèmes pratiques se posent, comme le problème complexe que certains ont appelé «&nbsp;la place des blancs&nbsp;» dans la lutte d’auto-émancipation des non-blancs. Cette place est tout aussi problématique que celle des hommes dans le mouvement féministe, celle des hétéros dans le mouvement homosexuel ou celle des bourgeois dans le mouvement ouvrier, et si un soutien et des actions en commun peuvent être nécessaires, des moments de non-mixité le sont tout autant voire davantage&nbsp;&nbsp;[3]. Une série d’écueils menace sans cesse&nbsp;:
<IMG height=8 alt=- src="http://lmsi.net/v2.1/puce_default.gif" width=10>&nbsp;confondre soutien, participation et leadership&nbsp;;
<IMG height=8 alt=- src="http://lmsi.net/v2.1/puce_default.gif" width=10>&nbsp;confondre identification partielle et identification totale, se croire arabe, noir, musulman, sans-papiers ou émeutier quand on ne l’est pas soi même et qu’on ne subit pas soi même les discriminations qui vont avec&nbsp;[4]&nbsp;;
<IMG height=8 alt=- src="http://lmsi.net/v2.1/puce_default.gif" width=10>&nbsp;«&nbsp;prendre la grosse tête&nbsp;», se complaire dans la posture du «&nbsp;juste&nbsp;», tirer un profit symbolique – voire matériel – excessif de la reconnaissance des non-blancs et de l’admiration des «&nbsp;blancs conscients&nbsp;».
Il faut au contraire accepter de se voir renvoyer à la figure son statut de blanc de la part de non-blancs soucieux de nous rappeler cette réalité que nous avons toujours tendance à oublier ou à mésestimer&nbsp;: que ce sont eux qui morflent et pas nous. Bref, une fois prononcés les mots traîtrise, passage à l’ennemi, lutte politique pour la destruction de la domination blanche, tout reste à dire, à faire, à construire. Les difficultés, les problèmes, les contradictions, ne manquent pas, et le mal-être nous accompagne de bout en bout, sous de multiples formes&nbsp;:
<IMG height=8 alt=- src="http://lmsi.net/v2.1/puce_default.gif" width=10>&nbsp;l’épuisement d’un combat où l’on est avec David contre Goliath
<IMG height=8 alt=- src="http://lmsi.net/v2.1/puce_default.gif" width=10>&nbsp;le découragement
<IMG height=8 alt=- src="http://lmsi.net/v2.1/puce_default.gif" width=10>&nbsp;la nécessité épuisante d’un perpétuel retour sur soi,
<IMG height=8 alt=- src="http://lmsi.net/v2.1/puce_default.gif" width=10>&nbsp;les remises en question, les non-blancs qui parfois injustement, souvent à juste titre, nous reprochent des «&nbsp;réflexes de blancs&nbsp;» – une certaine aisance, une certaine assurance, une certaine facilité à prendre la parole quand d’autres n’arrivent pas à la prendre – dont nous ne sommes jamais complètement débarrassés
<IMG height=8 alt=- src="http://lmsi.net/v2.1/puce_default.gif" width=10>&nbsp;une partie de la tension du rapport de domination blanc / non-blanc qui se répercute nécessairement «&nbsp;en interne&nbsp;» malgré le travail militant en commun...
«&nbsp;La place des blancs&nbsp;? Payante&nbsp;!&nbsp;» 
Cette réponse qu’un ami non-blanc&nbsp;[5] avait faite en mai 2005 lors de la première «&nbsp;Agora des indigènes de la république&nbsp;» à Nanterre n’est pas une simple plaisanterie. Elle signifie d’abord que la place d’un blanc au sein ou aux côtés d’un mouvement de non-blancs en lutte contre la domination blanche n’est pas gratuite, qu’elle n’est ni acquise ni confortable, parce qu’il existe un contentieux ancien et profond entre les militants non-blancs et leurs «&nbsp;amis&nbsp;» blancs, et que ce contentieux pèse forcément – et légitimement – sur la relation de compagnonnage politique, sous la forme notamment d’un soupçon de paternalisme ou – pour reprendre la formule d’Aimé Césaire – de fraternalisme&nbsp;[6].
La place payante signifie aussi que les autres blancs – ceux qui croient en leur supériorité et font corps avec leur privilège, mais aussi ceux qui dénient ce privilège et professent qu’il n’y a «&nbsp;pas de races&nbsp;» – supportent mal notre trahison et nous la font payer. Le prix n’est pas nécessairement très élevé, on peut en rester à de simples quolibets – ceux que j’ai déjà évoqués&nbsp;: «&nbsp;complexe&nbsp;», «&nbsp;culpabilité postcoloniale&nbsp;», «&nbsp;bounty à l’envers&nbsp;», «&nbsp;islamophile&nbsp;», «&nbsp;suceur de bite de barbu&nbsp;», «&nbsp;dhimmi&nbsp;», «&nbsp;collabo&nbsp;» – mais il est parfois plus élevé&nbsp;: calomnies, cabales, ostracisme…
La place des blancs est enfin payante en un tout autre sens, à la fois plus positif et malgré tout piégeant&nbsp;: l’effort de remise en question et l’investissement militant aux côtés des non-blancs sont des «&nbsp;efforts payants&nbsp;», ils sont payés en retour par des gratifications essentiellement symboliques – notamment cette reconnaissance énorme que nous renvoient les non-blancs avec qui nous luttons, qui monte facilement à la tête et dans laquelle nous pouvons aussi nous perdre.
Bref&nbsp;: je sais que cette manière-là de vivre ma condition de blanc me pose une multitude de questions auxquelles je n’ai pas de réponse et de problèmes auxquels je ne suis pas préparé. Mais je sais aussi qu’il y a une joie dans la lutte, et parmi toutes les manières de vivre ma condition blanche, c’est celle-là que je choisis, par élimination, parce que toutes les autres me dégoûtent.]]></description>
	<link>http://latableenationale.zeblog.com/170787-le-mal-etre-raciste/</link>
	<author>Admin</author>
	<pubDate>Sat, 26 Apr 2008 10:59:00 +0200</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Tibet</title>
	<description><![CDATA[Parcours enflammé sur la chaussée aux moines
Par Amar ZOUAREG
A mon sens, protéger la flamme olympique&nbsp;lors de ces pérégrinations dans les rues de Paris&nbsp;est de l'ordre du détail! Réquisitionner 3000 policiers et pompiers pour encadrer&nbsp;son parcours, et tout ça aux frais du contribuable, est un peu exagéré...On aurait mieux fait d'offrir un billet d'avion à nos chers politiques pour qu'ils puissent ce rendre compte sur place de ce qu'il se passe vraiment au Tibet! 

Mais que se passe-t-il vraiment ? Pour ma part, ces manifestations pour le boycott des jeux sont quand même&nbsp;là pour nous rappeler que "NOUS", français, avons la chance de ne pas vivre dans la répression (au sens chinois du terme). Qu'on se le dise ! Les jeux olympiques sont très médiatisés et reste un excellent moyen pour véhiculer un message: le sport est aussi&nbsp;vecteur d'un principe universelle, l'amitié et la fraternité entre les peuples...Oui mais voilà, dans un climat&nbsp;de répression, ça fait quand même tâche! (rappelons le quand même).
Dans un contexte Sino-Tibétains aussi dramatique, la médiatisation des jeux est une fenêtre ouverte sur le monde pour rendre compte de l'ampleur de la supercherie des dirigeants chinois.

Signer des contrats pharaoniques, débarquer en chine avec les jeux et s'asseoir sur les droits des tibétains qui sont réprimés dans le sang est vraiment "PETIT" de la part de pays qui se targuent d'être les ardents défenseurs du droit international, des droits de&nbsp;l'homme&nbsp;et surtout contraire à l'éthique des jeux. 
Enfin, on connaissait déjà la "promptitude" de nos gouvernants zélés à faire respecter le droit international en Tchétchénie,&nbsp;en Palestine&nbsp;ou encore en Iraq. Sans commentaire.&nbsp;

Vous mêmes...Posez vous la question ne serait-ce que quelques secondes...&nbsp;Que feriez-vous si vos grands parents, parents ou enfants étaient victimes de la&nbsp;repression sanglante&nbsp;? (emprisonnement des journalistes, torture d'étudiants, disparition de dissidents politiques, exécution sur la place publique ou dans des camps) Et bien moi je pense pouvoir vous le dire... Vous feriez comme les tibétains! Ni plus ni moins ! Vous utiliseriez la médiatisation des jeux pour montrer au reste du monde ce qu'il se passe chez vous puisque les journalistes sont nombreux à être sur place! 

Se battre pour survivre c'est humain! Les jeux, c'est aussi une aventure humaine pour beaucoup d'athlètes mais c'est surtout du fric pour certains comme pour les organisateurs! Alors quand on vous dit que l'argent n'a pas d'odeur, gardez à l'esprit qu'il peut avoir la couleur du sang.

Ah j'oubliais...&nbsp;A quand&nbsp;le lancé de tibétains (officiel) dans les disciplines sportives des jeux olympiques ?

Ce texte n'engage que son auteur ;-)]]></description>
	<link>http://latableenationale.zeblog.com/309892-tibet/</link>
	<author>Admin</author>
	<pubDate>Mon, 07 Apr 2008 15:29:00 +0200</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Législatives 2007</title>
	<description><![CDATA[
&nbsp;ELECTIONS LEGISLATIVES 2007 
NOUS AVONS PERDU MAIS NOUS REVIENDRONS !&nbsp;
UN GRAND MERCI A TOUTES CELLES ET
&nbsp;TOUS CEUX QUI NOUS ONT SOUTENU.
&nbsp;
Une candidature libre et citoyenne soutenue par GUY BEDOS
&nbsp;
Vous allez bientôt élire vos députés pour vous représenter à l’Assemblée Nationale et j’ai fait le choix de me porter candidat à la députation sur votre circonscription. 
&nbsp;
Beaucoup d’entres vous ont fait le choix de s’engager en s’inscrivant sur les listes électorales afin de faire entendre leur voix. Certains ont formulé clairement leur opposition aux politiques mises en place depuis des décennies qui font que les promesses se succèdent et que les actes manquent à l’appel. Depuis longtemps, les Nordistes se sont vus confisquer la parole au profit des partis traditionnels dans lesquels des centaines de milliers de personnes ne se reconnaissent pas. Aujourd’hui, il est temps de leur la rendre et de les entendre&nbsp;!
&nbsp;
Ma candidature est essentiellement portée par des habitants et des citoyens qui ont la volonté de faire «&nbsp;bouger&nbsp;» les choses en affichant clairement leur objectif principal&nbsp;: une réelle participation et une représentation démocratique des habitants au sein des instances décisionnelles. Le Nord doit être représenté non par une élite, rompue à l’exercice politique, mais bel et bien par des citoyens représentatifs en prise direct avec les réalités des Nordistes.
&nbsp;
Pour ma part, il ne s’agit pas seulement d’aller à une élection, mais “de s’inscrire dans un objectif à long terme pour créer un réseau de citoyens intéressés par les problèmes de la cité”et offrir aux habitants une autre vision du monde, de la ville, de la cité et des quartiers populaires. Les habitants des quartiers populaires sont déracinés parce qu’ils habitent des lieux où ils ne se sentent pas responsables. Il faut apprivoiser le monde, c’est à dire créer des liens dit le renard dans Le Petit Prince de Saint Exupéry. "&nbsp;Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose...&nbsp;". 
&nbsp;
C’est bien l’interdiction de créer des liens entre l’homme et son environnement, qui est le propre des non-lieux. Le seul lien qu’il puisse créer, c’est de détruire, puisqu’on lui interdit de construire.
&nbsp;
Le mépris des politiques et des technocrates qu’ils soient de droite ou de gauche, leur arrogance est incroyable : ils n’écoutent pas ce que les gens demandent, ils décident ce qui leur paraît "&nbsp;bon pour le peuple&nbsp;" mais le considèrent trop stupide pour l’écouter. Ils font des promesses électorales aussitôt oubliées en cas de victoire, et en cas d’échec électoral, attendent tranquillement le retour au pouvoir, pour faire à peu de choses près la même chose.
&nbsp;
Le sens de la démocratie, c’est de donner à chacun le sentiment de pouvoir participer, d’avoir une chance d’infléchir, même de façon infime, son destin. Logement, Emploi, Education, Loisir, Retraite, le déni des droits les plus élémentaires est la véritable insécurité qui est faite aux habitants du Nord. Il faut casser l’apartheid à la française. 
&nbsp;
Or les politiciens de droite ou de gauche nous donnent le sentiment que rien ne changera. Mensonge après mensonge, manipulation après manipulation, on a le sentiment d’avoir été trompé, et la défiance est installée. N’y a-t-il pas une intention politique évidente de vouloir "&nbsp;stocker&nbsp;" les pauvres en banlieue de la part des villes de droite, et de les "&nbsp;stocker&nbsp;" en ville par les villes de gauche ? Par ailleurs, la mixité sociale ne se décrète pas&nbsp;et il faut donc favoriser le brassage social&nbsp;! Ceci implique une politique volontariste en la matière.
&nbsp;
Tout cela illustre la nécessité d’une vertu en politique, qui doit naître d’une conscience et d’une culture de la liberté et de la tolérance de l’autre. Une vertu qui serait de dire ce que l’on fait, et de faire ce que l’on dit. Il faut passer d’une culture de la domination, à une culture de la discussion, de la coopération. Une vertu qui serait de rendre l’individu responsable, et acteur de la démocratie...
&nbsp;
La démocratie, la ville, le quartier et la cité est un espace construit par tous et pour tous. Un espace de participation et de relation sans exclusive.
&nbsp;
&nbsp;
Amar&nbsp; ZOUAREG
&nbsp;
&nbsp;
POUR UNE DEMOCRATIE PARTICIPATIVE ACTIVE ET PROCHE DES HABITANTS:
&nbsp;
-Mandat électif&nbsp;: exiger le non cumul des mandats&nbsp;! Les citoyens et habitants ont besoin d’élus de proximité présents sur le terrain.
-Comité de quartier&nbsp;: donner plus des moyens aux comités de quartiers notamment en leur conférant un pouvoir budgétaire décisif par la mise en place de comité de gestion interne à ces structures. 
-Centre de Services Publics&nbsp;: nous proposons dans tous les quartiers et au sein des mairies annexes la création de Pôle de Services Publics (postes, haltes garderies, maison de la jeunesse, aide au logement, police, maison de l’emploi, aide à la création d’entreprises, aide sociale et surtout conseil juridique) pilotés et gérés par un conseil d’administration élu par les habitants. 
&nbsp;
POUR UNE SOCIETE DE DROIT ET DE LIBERTE :-Comité de Prévention&nbsp;: nous proposons la création de comités de prévention et de sûreté civique pour chaque quartier, associant les élus locaux, la police, les jeunes et les associations de proximité et représenté par un médiateur assermenté dans tous les locaux de police ; 
-Liberté d’expression et pluralisme&nbsp;: accès aux médias et traitement égal par toutes les institutions publiques; Le droit à l'information sur sa propre santé; chaque citoyen doit pouvoir accéder à son propre dossier sans exclusive.
-Logement&nbsp;: accès au logement avec la création de comités d’accueil et d’accompagnement associant les bailleurs sociaux, les associations de défenses des locataires, les élus représenté par un médiateur assermenté afin d’apporter des solutions justes et équitables aux habitants frappés d’ostracisme économique et social.
&nbsp;
POUR UN NORD SOLIDAIRE :
En exigeant l’application de la loi sur la Solidarité et le Renouvellement Urbain (SRU), le classement des quartiers qui cumulent de nombreux handicaps sociaux et économiques en Politique de la Ville et ce, malgré les réticences des élu(es) locaux soucieux de leur image. Création d’une allocation d’accompagnement à l’autonomie&nbsp;; une allocation formation pour les jeunes jusqu'à 25 ans. Nous proposons l'accès à un niveau de vie optimum par l'adoption d'un droit d'accès aux biens et services primordiaux pour tous en créant un comité d’éthique; des moyens supplémentaires pour l'accès au droit; la création d'un corps de médiateurs civiques et sociaux ; de nouvelles garanties pour les droits des malades…L’abrogation des lois Pasqua, Debré, Méhaignerie, Chevénement, Guigou et toutes les lois racistes qui ont institutionnalisé la chasse à l’immigré.
&nbsp;
POUR UNE SOCIETE DE JUSTICE :En appliquant les lois relatives à la lutte contre les discriminations par les services publiques pour que cesse enfin cette ghettoïsation et cette ségrégation&nbsp;; de créer une police de lutte contre les discriminations afin de constater et sanctionner les infractions&nbsp;; d'instituer un Médiateur dans les locaux de police ; de renforcer le rôle du Médiateur dans son rôle de protection de l'administré contre la machine administrative ; accès au droit avec la création de maisons de la justice car «&nbsp;Trop souvent, l'ignorance de leurs droits par les individus se traduit par leur manipulation, mais aussi leur ségrégation, leur exploitation voire la dénégation de leur dignité…&nbsp;» 
&nbsp;
POUR UN NORD SOUCIEUX DE L'EGALITE DES CHANCES :En appliquant les lois sur la parité et l’égalité entre les femmes et les hommes, et l'application du Plan Lang sur l'Education et la formation professionnelle afin d’opérer une véritable réforme. Nous proposons l'énoncé dans les textes des communes d'un Droit au niveau de vie élémentaire, intégrant l'instruction, la santé, l'alimentation, l'habillement, le logement, les outils de communication (NTIC), la formation tout au long de la vie, le minimum des biens pour vivre dignement. Nous voulons offrir aux personnes, tout au long de leur vie, un service permanent d'éducation et de formation, ainsi que des procédures de validation des expériences professionnelles allégées ; généraliser l'aide scolaire (après l'école) gratuite pour tous les enfants et les niveaux de classe ; appliquer la parité dans la fonction publique territoriale, et garantir pour les nominations dans les administrations la diversité culturelle avec la création d’un comité d’éthique composé de membres représentatifs de notre société ; création de&nbsp; passerelles entre les grandes écoles et les universités&nbsp;avant de pouvoir faire appliquer l’égalité de traitement la plus stricte pour l’accès aux grandes écoles et à l’emploi&nbsp;; Réformer le statut des stagiaires pour mettre fin à l’exploitation des étudiants. 
POUR UN NORD RESPECTUEUX DE L'ENVIRONNEMENT :
En octroyant plus de moyens pour développer les énergies alternatives non polluantes, incontournables et essentielles à la préservation de notre planète. Nous proposons également une aide aux associations «&nbsp;Ecocitoyennes&nbsp;» qui militent pour la protection de l’environnement et l’amélioration du cadre de vie. POUR UN NORD D'INNOVATION, DE RESPONSABILITE ET DE PARTAGE :En votant la baisse de la taxe d’habitation.Nous voulons la promotion auprès des jeunes créateurs de formules coopératives au sein des réseaux d'aide à la création d'entreprises ; la pérennisation de tous les emplois aidés dans les activités d'intérêt général; l'introduction de critères socio-éthiques dans les attributions d'aides publiques et de marchés&nbsp;avec une véritable réforme de la comptabilité des collectivités territoriales (la réforme de la M14 est une mystification); un comité d’éthique composé de personnalité, mécène et anonyme, garant du financement des actions ou des projets avec possibilité de saisine (recours devant les tribunaux pour non respect des engagements pour lesquelles des financements ont été attribués).
]]></description>
	<link>http://latableenationale.zeblog.com/201470-legislatives-2007/</link>
	<author>Admin</author>
	<pubDate>Wed, 23 May 2007 15:56:00 +0200</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Une autre vision du monde et de la cité</title>
	<description><![CDATA[&nbsp;
<IMG style="WIDTH: 200px; HEIGHT: 90px" height=140 src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/l/latableenationale/HLM2[1].jpg" width=212>
&nbsp;
Une autre vision du monde et de la cité.
Le 4 mai 2007, par Amar ZOUAREG
Avec ma famille nous avons vécu 15 ans en HLM, et nous avons été confrontés aux problèmes de plus en plus pressants de notre société. C’est dans ce contexte, et par la confrontation avec d’autres contextes et d’autres expériences qu’est née notre conscience politique. Elle est née d’un désir d’une autre ville et d’une autre vie dans la ville, pour tous. Une recherche de la qualité, qui est aussi le propre de l’homme, sans cesse en quête d’un meilleur confort, d’un mieux vivre ensemble comme disent les politiques aujourd’hui.
Ces HLM, ces non-lieux s’étendent de plus en plus dans le temps et dans l’espace, parce qu’ils sont créés non par des individus responsables aimant leur lieu de vie, mais par des groupes d’individus organisés de façon "&nbsp;rationnelle&nbsp;" (administration, entreprises) qui construisent l’espace public sans amour, sans conscience, sans responsabilité. Ils sont la conséquence d’un désir de contrôle absolu de l’autre, et de l’environnement. Ils gagnent du terrain sur toute la terre, et dans les comportements de toutes les sociétés. Ce crime perpétré en suivant des lois pleines de bonnes intentions, ravage aussi bien l’espace public en ville, que le paysage ou les villages.
Ce crime contre l’espace humain, est aussi lié à la hiérarchie, et à l’anonymat qui y est lié.&nbsp;

Baptiser de jolis noms des "cages à poules" dans le contexte du HLM que je vais décrire,a&nbsp;une double signification. La première est le double langage : comme on a inscrit "&nbsp;Liberté, égalité, Fraternité&nbsp;" au frontispice de nos monuments, on baptise Marcel Bertrand, Winston Churchill,etc...&nbsp;un univers concentrationnaire. L’autre signification, c’est que si l’univers concentrationnaire de la résidence ou du HLM&nbsp;nous forme, quelles autres directions que le fascisme, la révolte, ou le désespoir peuvent prendre ses habitants ?

Le HLM est un ensemble rectangulaire dans les tons rouge et gris, rénové une fois en quinze ans. Alors qu’une couleur ocre, jaune sans faire des miracles, aurait rendu le lieu plus accueillant, plus chaleureux, un architecte "&nbsp;inspiré&nbsp;" par ce qu’il pense être la modernité, en a décidé autrement. Avez-vous remarqué l’architecture française du XXème siècle à la périphérie de nos villes : boîtes à chaussure grisâtres... mais décrire l’univers du supermarché nécessiterait un long développement. 
Construit il y a plus de 30 ans, le HLM avait été rénové il y a 15 ans ans, mais aujourd’hui des morceaux de bétons se décollent du bord de fenêtres et du toit, risquant de tuer les habitants. L’office des HLM a donc décidé d’encercler les bâtiments par des barrières de 1 mètre de haut. J’imagine qu’ainsi en cas d’accident, nous étions en zone de chantier, et l’administration ne pouvait être tenue pour responsable. 
Quelle est la responsabilité première, et cela personne n’a abordé cette question pourtant évidente : celle d’avoir construit des bâtiments les moins chers possibles, s’écroulant dès leur construction. 
Les socialistes gérant les HLM à des fins clientélistes, vous objecteront alors qu’ils ont été construits sous un gouvernement de droite. (Le même clientélisme sévit à Paris de la part de la droite). S’ils l’avaient été sous un gouvernement socialiste, on vous aurait dit que c’est à cause de la conjoncture internationale. 
Combien a coûté une rénovation et celles qui suivront ? Comment estimer le coût social d’habiter dans de telles conditions (augmentation des maladies, violence...) ? Combien coûtera l’élimination des matériaux avec lesquels sont construits ces bâtiments? Pourquoi ne pas construire de façon durable ? Pourquoi en Allemagne de l’ouest, malgré la densité de population plus importante, on a construit des bâtiments à échelle humaine, et dans des matériaux meilleurs ? Il y a d’ailleurs un intéressante comparaison à faire entre Allemagne de de l’Ouest, de l’Est et la France du point de vue de l’architecture et de la démocratie.
Pourtant il y a des alternatives : politiques, intellectuels français, allez voir en Allemagne les constructions actuelles de logements sociaux, des lieux de vie fantastiques. En Suède, il y a des HLM avec recyclage de l’eau, orientation bioclimatique des bâtiments, utilisation de matériaux non polluants, où l’on peut partager machines à laver, salle de télévision, sauna... Il y a un vrai plaisir de vivre ensemble dans la ville, pourquoi ce plaisir est-il nié au point que la petite bourgeoisie ne rêve que d’un pavillon de banlieue pour fuir la ville ? J’ai vu en Allemagne, des habitants partager un repas sur une table au pied du HLM. Ici cela serait surréaliste : de l’art !
En France, l’office des HLM de l’Isère a construit un quartier d’habitations en terre-paille avec des chemins pietonniers, des pistes cyclables, et la possibilité de jouer pour les enfants...
La place de l’enfant dans les cités (mais aussi dans la société française) est aussi significative de la démocratie. C’est la place de celui qui ne vote pas, du plus faible. Dans notre HLM les jeux sont cassés, au milieu des crottes de chiens, des déchets et des seringues. Depuis longtemps ils sont devenus dangereux. D’autres placettes du quartier méritent aussi le regard. Couverte de graviers et de morceaux de verres, les plantations sont "&nbsp;encadrées&nbsp;" dans des bacs en béton. Des sièges en fer grillagés d’une seule place, pour empêcher les SDF d’y dormir, sont disposés à deux mètres d’intervalle. Aucune convivialité, aucune discussion ne peut s’engager dans cet endroit. Aucune parole citoyenne ne peut donc se développer en dehors du conseil de quartier qui bien sûr est contrôlé par la mairie, et dans lequel ne peut se construire un réel et libre échange de paroles des citoyens. La place est vide. La place de la parole citoyenne est vide. L’absence de conscience politique dans notre société, dans ces conditions d’absence de rencontre ne m’étonne pas. Si le papi d’extrême droite joue à la pétanque avec l’arabe du coin, si l’intellectuel s’assoit sur un banc et parle avec le chômeur, le tissu social peut exister, la fragmentation de notre société s’estomper.
Une autre placette, récemment construite a été bâtie sur un modèle de non-communication similaire. 
Les espaces de liberté où l’on pouvait faire de tout n’importe où (pique-niquer à l’endroit choisi, jouer au cerf-volant, courir, s’allonger...) est devenu un espace contrôlé, quadrillé, zoné&nbsp;: Il faut empêcher les Gitans de squatter le terrain du contribuable qui vote.
&nbsp;
Des espaces libres de moins ! Des jardins familiaux sont créés et l’on valorise l’aspect "&nbsp;insertion sociale&nbsp;" (utilisation des "&nbsp;Contrats précaires&nbsp;", colmatage sans avenir des brèches sociales qui n’est jamais que payer moins cher et exploiter les jeunes et les pauvres). Les socialistes n’envisagent leurs relations avec les autres, qu’en terme et de contrôle (je te donne du travail, un poste politique, mais tu fais ce que je te dis ou tu démissiones), au lieu de s’enrichir de compétence, et d’une vision nouvelle du monde, dont l’émergence est nécessaire et inéluctable. 
L’objectif politique est clair : laminer, discréditer pour récupérer des voix. Le mode de scrutin en est à la fois la cause et la conséquence. Il faut passer d’une culture de la domination, à une culture de la discussion, de la coopération. 
Architecture participative. 
La comparaison avec l’Allemagne, là-encore s’impose, où toute décision doit être négociée avec tous les partenaires. Une architecture qui est discutée par ceux qui vont y vivre, une cité qui s’élabore dans la parole, une démocratie qui est vivante des racines de l’arbre jusqu’au bout des feuilles. "&nbsp;Euralille&nbsp;" qui a coûté plusieurs milliards aux contribuables et dont les tours de bureaux sont vides a été décidée par un seul homme aux fantasmes de grandeur et rêvant d’une modernité dépassée, et non pas par un tissu vivant de la démocratie.
]]></description>
	<link>http://latableenationale.zeblog.com/192180-une-autre-vision-du-monde-et-de-la-cite/</link>
	<author>Admin</author>
	<pubDate>Fri, 04 May 2007 17:41:00 +0200</pubDate> 
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	<title>Malek Le Pen ou Jean-Marie Boutih ?</title>
	<description><![CDATA[Malek Le Pen ou Jean-Marie Boutih&nbsp;? Immigration&nbsp;: le secrétaire national du PS monte au «&nbsp;front&nbsp;» 
Par Vincent Geisser

Une fois n’est pas coutume&nbsp;: le quotidien du Front national, Français d’abord, dans son édition du 13 mai 2005, a rendu un hommage vibrant à un dirigeant du Parti socialiste. Il s’agit de Malek Boutih, ancien président de SOS-Racisme, secrétaire national chargé des questions de société, membre du Bureau national du parti. A l’origine de ce satisfecit frontiste pour un leader socialiste&nbsp;: un rapport confidentiel sur l’immigration, commandé par François Hollande en vue de la préparation des présidentielles de 2007, dans lequel «&nbsp;M.&nbsp;Boutih a repris en l’espèce ‘les propositions faites par le Front national en 2002’, plus précisément une partie du programme du candidat Jean-Marie Le Pen à l’élection présidentielle [...]&nbsp;&nbsp;». Ainsi, le Front national salue t-il «&nbsp;le bon sens&nbsp;» de l’ancien président de SOS-Racisme qui confirme «&nbsp;plus que jamais que la lepénisation des esprits est en marche, sachant que nos compatriotes ne manqueront pas de préférer l’original à la copie [...]&nbsp;».
&nbsp;
Au-delà de cette satisfaction de l’extrême droite qui voit dans ce rapport confidentiel du PS une validation et surtout une légitimation de ses thèses anti-immigrationnistes, l’on peut s’interroger sur la signification profonde de cet acte&nbsp;: s’agit-il d’une «&nbsp;gaffe politique&nbsp;» commis par un individu isolé - néanmoins dirigeant national du PS - ou d’une dérive idéologique d’un certain nombre d’élites socialistes qui tentent de surenchérir sur des thématiques sécuritaires et nationalistes, en vue de mobiliser un «&nbsp;nouvel électorat&nbsp;» dans la perspective des présidentielles de 2007&nbsp;?
&nbsp;
Refusant de tomber dans la caricature, Vincent GEISSER, politologue au CNRS, conduit ici une analyse comparative du Rapport Boutih et des Propositions du FN, en montrant que, s’il existe effectivement des convergences surprenantes entre les deux documents, il convient de rester nuancé&nbsp;: les propositions de M. Boutih ne versent jamais dans le racisme et le nationalisme radical du Front national (qu’il condamne à plusieurs reprises) mais s’inscrivent davantage dans un double registre «&nbsp;populiste&nbsp;» et «&nbsp;sécuritaire&nbsp;», traduisant le profond malaise d’un «&nbsp;parti de gauche&nbsp;» (le PS, héritier de la SFIO, fête cette année son centenaire) en crise de références et de valeurs.
&nbsp;
Réalisme sécuritaire contre morale humanitaire
&nbsp;
S’inscrivant dans le registre de l’expertise publique à usage partisan (le rapport est destiné à la direction du PS), Malek Boutih tente de promouvoir une forme de réalisme politique (plus précisément une realpolitik appliquée à l’immigration) qui entend rompre définitivement avec toute considération morale et humanitaire. D’entrée le tableau est dressé&nbsp;: «&nbsp;Le débat sur l’immigration s’est souvent centré sur les enjeux législatifs et les principes des droits de l’Homme, il faut désormais aborder ce débat et les choix politiques pris en conséquence en s’appuyant sur la situation réelle de l’immigration en France&nbsp;». En somme, M.&nbsp;Boutih cherche à jeter les bases d’une politique de «&nbsp;bonne gouvernance&nbsp;» (Good governance) en matière d’immigration qui prenne ses distances avec les errements sécuritaires de la droite républicaine (une «&nbsp;politique injuste et inefficace bâtie par la droite ces dernières années&nbsp;») mais surtout avec le supposé laxisme de la gauche socialiste. En effet, le rapport s’attache davantage à souligner les «&nbsp;effets pervers&nbsp;» des politiques migratoires conduites par les gouvernements de gauche que les dérives sécuritaires de la droite. Ainsi, Jean-Pierre Chevènement qui n’a pourtant pas la réputation d’un «&nbsp;irréaliste&nbsp;» ou d’un «&nbsp;utopiste&nbsp;» en matière migratoire se voit accusé par M. Boutih de double langage (il dit ce qu’il ne fait pas et il ne dit pas ce qu’il fait), rejoignant la catégorie boutihiste des ministres laxistes. Le procès de l’action de l’ancien ministre socialiste, actuel président du Mouvement des citoyens (MDC), est sans appel&nbsp;: «&nbsp;À cet égard, l’action de Jean-Pierre Chevènement se résume plus à des déclarations qu’à une politique alternative claire. Des régularisations dans le secret ont participé au flou de la situation, attaqué à la fois par la droite pour laxisme et par l’opinion de gauche pour sa passivité. Dans ces circonstances, la loi RESEDA, si elle était effectivement plus humaine, n’a pas marqué de rupture claire avec les politiques précédentes. Encore une fois, la gauche n’a fait que réparer les conséquences des lois Pasqua. Enfin, en instaurant l’asile territorial, temporaire et sans perspective, face à la pression migratoire, cette mesure a considérablement tendu la situation, provoquant l’arrivée de milliers d’étrangers sans aucune politique d’accompagnement&nbsp;». Pourtant, quelques lignes plus loin, dans un paragraphe intitulé «&nbsp;Nos acquis&nbsp;» (sous-entendu ceux du PS), M.&nbsp;Boutih semble approuver «&nbsp;les régularisations massives de 81, 88, et celle, plus partielle de 97, [qui] ont permis de donner un statut juridique à des familles immigrées, souvent installées en France depuis au moins 10 ans, les sortant ainsi de la marginalisation sociale et économique à laquelle leurs statuts les condamnaient. Il est donc clair que la gauche n’a fait que remettre du droit là où la droite avait laissé la clandestinité s’installer&nbsp;». Mais ce satisfecit adressé à ses camarades socialistes est bref, puisque M.&nbsp;Boutih conclue au caractère «&nbsp;contre-productif&nbsp;» des régularisations décidées par la gauche&nbsp;: «&nbsp;Contre-productives, parce que régulariser massivement sans changer de politique revient à accepter, donc à encourager, l’existence d’une immigration irrégulière. En effet elle encourage ceux qui, malgré la loi, considèrent que le plus efficace est d’être présent sur le territoire français et d’attendre une future régularisation&nbsp;». Des conclusions sévères à l’égard de la politique suivie par la gauche ces vingt dernières années que ne renieraient probablement pas Bruno Mégret du Mouvement national républicain (MNR) et son ancien patron du FN, Jean-Marie Le Pen.
&nbsp;
«&nbsp;Jusqu’auBoutihisme&nbsp;»&nbsp;: une argumentation populiste portant le sceau de l’ambivalence
&nbsp;
A ce propos, il est parfois difficile de suivre Malek Boutih dans sa démonstration qui reproche, tantôt à la droite son obsession sécuritaire, tantôt à la gauche son manque de réalisme en matière d’immigration, recourant à des illustrations souvent contradictoires. Force est de constater que le rapport Boutih est bâti sur de multiples contradictions, laissant une impression générale d’incohérence. Tout en revendiquant et en assumant partiellement «&nbsp;l’héritage socialiste&nbsp;», M.&nbsp;Boutih prétend distribuer des bons points et des blâmes en matière d’immigration et contribue paradoxalement à faire le procès de la gauche, la droite apparaissant en ce domaine à la fois plus crédible et surtout plus constante. Comme le souligne fort pertinemment Jade Lindgaard dans le magazine Les Inrockuptibles, «&nbsp;pour bien décortiquer ce qui se joue de répressif et de rétrograde dans ce rapport, il faut faire une distinction entre les propositions concrètes et le climat idéologique du texte, plus diffus, mais clairement identifiable à un discours de l’autorité et de la faible remise en cause de la responsabilité de l’Etat dans la faillite d’un projet collectif respectueux des diversités et des égalités&nbsp;». En ce sens, le rapport Boutih repose sur une série de dissonances, l’universalisme humaniste et l’égalitarisme républicain côtoyant des registres répressifs et sécuritaires voire, dans certains passages, des analyses aux accents nationalistes et chauvins (la théorie du «&nbsp;tout fout le camp&nbsp;» planant comme une ombre tout au long du rapport). Pour cette raison, l’on peut se demander parfois qui est le véritable commanditaire du rapport car, à y regarder de plus près, c’est bien la gauche socialiste qui est sur le banc des accusés, les «&nbsp;acquis&nbsp;» du PS n’étant présentés que marginalement (à peine un paragraphe sur une dizaine de pages), comparés à ses «&nbsp;erreurs&nbsp;» et à ses «&nbsp;fautes&nbsp;» qui font l’objet de développements plus conséquents. De ce point de vue, on saisit mal comment le rapport Boutih pourrait s’insérer dans la «&nbsp;stratégie présidentielle&nbsp;» du PS pour 2007, à moins que ce dernier ne fasse son mea-culpa sécuritaire, choisissant de tourner définitivement le dos à ses idéaux humanistes et universalistes, au profit d’un nationalisme étriqué que certains qualifieront désormais de «&nbsp;jusqu’au Boutihisme&nbsp;».
&nbsp;
«&nbsp;Mauvais parents&nbsp;»&nbsp;: quand les familles immigrées produisent de la délinquance
&nbsp;
Au-delà de l’ambivalence qui «&nbsp;structure&nbsp;» les analyses du rapport, c’est aussi une conception très spécifique des discriminations que développe Malek Boutih. Car, si l’ancien président de SOS-Racisme ne nie pas le phénomène de discrimination en France (il fut notamment à l’origine de la pratique du «&nbsp;testing&nbsp;»), il en retourne l’imputation causale. En deux mots&nbsp;:&nbsp;les individus et les groupes sociaux victimes de discriminations portent une certaine responsabilité de leur état d’exclusion. Ainsi, le secrétaire national du PS tend à euphémiser le phénomène du racisme en France en le ramenant à des problèmes de régulation et d’encadrement institutionnels des «&nbsp;immigrés&nbsp;» et de leur descendance. Ce type de raisonnement qui s’est malheureusement banalisé ces dernières années (cf. l’Appel contre le racisme anti-blanc), y compris dans les milieux intellectuels, tend à cantonner le problème du racisme à la question de l’adaptabilité des «&nbsp;immigrés&nbsp;», la majorité des Français se sentant agressés par certaines déviances&nbsp;: «&nbsp;Sans pilote dans l’avion pour organiser et accompagner l’immigration en France, des phénomènes de discrimination se sont enracinés dans certains secteurs comme le logement et l’emploi.&nbsp;Face à ces injustices, la société française, dans sa grande majorité, s’est érigée en rempart et a su prouver ses valeurs de tolérance et de vivre ensemble&nbsp;&nbsp;». En bref&nbsp;: s’il y a de la discrimination en France, c’est un peu la faute aux discriminés qui développent des attitudes et des comportements déviants dans une société majoritairement tolérante et ouverte.
&nbsp;
A travers cette rhétorique de l’anti-racisme à tonalité sécuritaire qui est devenue désormais le discours officiel d’associations comme SOS-Racisme ou Ni Putes Ni Soumises, on retrouve l’épouvantail du communautarisme et du «&nbsp;ghetto ethnique&nbsp;» qui seraient d’abord le fait des «&nbsp;immigrés&nbsp;» en défaut d’intégration. Le racisme de la Majorité ne constituerait en quelque sorte qu’une réponse critiquable mais compréhensible au communautarisme des minoritaires&nbsp;: «&nbsp;L’immigration des année 60 et 70 s’est enracinée dans notre pays, réussissant son intégration malgré la crise. Cependant, une partie de cette population qui aurait dû prendre totalement sa place dans la nation, s’est retrouvé enfermée dans des ghettos avec la tentation du repli communautariste comme protection face à cette marginalisation&nbsp;».
&nbsp;
De constat qui se veut «&nbsp;réaliste&nbsp;», Malek Boutih tente de pointer des responsabilités qui contribueraient, selon lui, à aggraver la situation de rejet de l’immigration.
&nbsp;
Au premier rang desquelles les familles immigrées légalement installées sur notre territoire qui se feraient les complices directs ou indirects des réseaux clandestins&nbsp;: «&nbsp;Cette déstabilisation juridique a créé une jonction entre l’immigration régulière et l’immigration irrégulière, en organisant une solidarité. Par exemple, quand une famille installée depuis longtemps en France n’ayant aucune garantie sur son droit de séjour constate que certains - arrivés plus récemment - peuvent obtenir plus facilement des titres de séjours, elle accepte alors d’aider les clandestins parce qu’elle peut être conduite à avoir besoin de cette même solidarité. Autrement dit, la loi est vécue comme injuste et aléatoire. Dans ces conditions, respecter la loi n’offre aucun avantage par rapport à ceux qui la contournent&nbsp;».
&nbsp;
Autres responsables de cette dérive communautariste, les parents immigrés qui seraient de bien mauvais éducateurs, si l’on en croit M.&nbsp;Boutih&nbsp;: par leur démission de leur rôle de parents, ils favorisaient ainsi la délinquance et les incivilités de leur descendance. On retrouve là un thème maintes fois développé par l’ancien président de SOS-Racisme dans ses interventions médiatiques&nbsp;: culpabiliser les familles qui n’ont pas su (ou pu) transmettre à leurs enfants l’esprit et les «&nbsp;vraies&nbsp;» valeurs de la citoyenneté française&nbsp;: «&nbsp;De plus, cette absence de stabilité en matière de droit au séjour a considérablement déréglé leur insertion en France. Ils se voient incapables de projeter leur avenir dans le pays et d’éduquer leurs enfants dans cet environnement faute de perspectives claires. On trouve là une des causes du malaise identitaire des jeunes issus de l’immigration. L’accès à la nationalité française est perçu de plus en plus comme un moyen de garantir une sécurité à vivre dans notre pays, et non comme un choix fort d’appartenance à la communauté nationale&nbsp;&nbsp;».
&nbsp;
Enfin, ce réquisitoire boutihiste serait incomplet, s’il ne visait pas les associations et les organisations non gouvernementales (la société civile) qui, par leur hyper-interventionnisme dans la «&nbsp;cause&nbsp;» des migrants, contribueraient à désorganiser l’administration française. En somme, pour M.&nbsp;Boutih, les associations de défense des travailleurs immigrés seraient, en grande partie, responsables de l’échec des politiques d’immigration&nbsp;: «&nbsp;Ce flou dans les règles a encouragé, comme seule régulation, l’intervention des associations, des personnalités morales et religieuses, ou encore d’élus, pour obtenir la délivrance de titres de séjour. Ce qui relevait auparavant du coup de pouce exceptionnel est devenu le lot quotidien de toutes les préfectures, au point que certaines mobilisent des agents administratifs uniquement pour répondre à ce type de sollicitations. L’administration est ainsi dans l’incapacité de faire appliquer la loi et d’apporter des éléments statistiques fiables pour mesurer la réalité de l’immigration&nbsp;».
&nbsp;
En définitive, l’analyse produite par Malek Boutih sur les politiques françaises d’immigration et sur le phénomène migratoire en général se greffe sur une vision à la fois autoritaire et sécuritaire, nuancée, il est vrai, par quelques considérations «&nbsp;égalitaristes&nbsp;». Toutefois, ces quelques considérations humanitaires sont contrebalancées par des propositions dites «&nbsp;réalistes&nbsp;» qui classent davantage son auteur dans la galaxie de la droite nationaliste «&nbsp;dure&nbsp;» que dans celle de la gauche humaniste.
&nbsp;
Des convergences évidentes avec le programme du Front national&nbsp;: quand la rose s’enflamme
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Dès la première partie du rapport («&nbsp;état des lieux&nbsp;»), Malek Boutih prend ses distances avec les thèses du Front national, appelant les dirigeants et les militants du PS à «&nbsp;sortir de la pression politique créée depuis des années par l’extrême droite. Son discours caricatural diabolisant l’immigration, les relents racistes de ces analyses choquent les citoyens et les militants qui, dans un réflexe sain, défendent les étrangers face à ces agressions et mettent en avant les aspects positifs de l’immigration&nbsp;».
Toutefois, il précise plus loin que «&nbsp;si la bataille morale contre l’extrême droite est indispensable, elle ne permet pourtant pas d’apporter des réponses concrètes aux difficultés qui apparaissent dans notre société. À refuser d’aborder l’immigration dans toutes ses réalités, on finit par reculer sur le terrain moral faute d’appui sur le réel. C’est ainsi que l’extrême droite continue de prospérer sur cette thématique vécue dans l’opinion publique comme un tabou politique&nbsp;». En langage clair, cela signifie que pour l’ancien président de SOS-Racisme la meilleure façon de lutter aujourd’hui contre l’extrême droite, c’est de faire «&nbsp;du Le Pen sans Le Pen&nbsp;» ou encore de «&nbsp;détabouiser&nbsp;» certaines thématiques défendues par le FN pour les transformer en axes de réflexion et d’action politiques.
&nbsp;
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Bien sûr, on peut voir une contradiction majeure dans la «&nbsp;démarche boutihiste&nbsp;» qui consiste à résister aux pressions de l’extrême droite, non pas en les combattant frontalement mais en les assimilant partiellement au jeu politique commun. C’est ici que l’hommage du FN au «&nbsp;bon sens&nbsp;» de l’ex-président de SOS-Racisme prend toute sa mesure&nbsp;: «&nbsp;la lepénisation des esprits est en marche&nbsp;»[20] et le rapport Boutih est sans aucun doute emblématique de ce processus. En effet, sur cinq points au moins, l’on peut noter des convergences flagrantes avec les Propositions de Jean-Marie Le Pen pour les présidentielles 2002. Dans un souci de clarté, livrons-nous à une brève analyse comparative en confrontant directement le texte du Rapport Boutih à celui du Front national.
&nbsp;
L’abrogation et la limitation du regroupement familial
. Rapport Boutih&nbsp;:&nbsp;«&nbsp; Il n’y aura plus de regroupement familial automatique&nbsp;».
. Propositions Le Pen&nbsp;: «&nbsp;Le regroupement familial est, aujourd’hui encore, responsable de l’entrée en France, chaque année, de dizaines de milliers de femmes, d’enfants ou de proches de travailleurs étrangers présents en France&nbsp;: il est impératif d’abroger ces dispositions. Le regroupement familial doit se faire dans le pays d’origine&nbsp;».
&nbsp;
Interdire la double nationalité
. Rapport Boutih&nbsp;:&nbsp;«&nbsp; Les différentes conventions bilatérales signées avec les pays, tiers devront êtres renégociés afin de clarifier les statuts civils ou de nationalité des citoyens originaires de ces pays. L’objectif est de mettre fin aux statuts bi-nationaux ainsi qu’aux pratiques non conformes au code civil français, en matière de mariage et de filiation particulièrement&nbsp;».&nbsp;
&nbsp;
. Propositions Le Pen&nbsp;: «&nbsp;Sauf cas de réciprocité, la France interdira à ses nationaux d’être également citoyens d’un pays étranger. Les binationaux actuels devront choisir&nbsp;: soit rester français et renoncer à leur autre nationalité, soit abandonner la nationalité française&nbsp;».
&nbsp;
Fonder la naturalisation sur l’assimilation culturelle
. Rapport Boutih&nbsp;:&nbsp;«&nbsp; Les candidats retenus auront une préparation à l’immigration durant un trimestre avant leur arrivée, au cours duquel leur sera dispensée une formation linguistique minimum, ainsi que des informations sur le pays et la région d’accueil. Une pré-formation professionnelle sera effectuée sous la responsabilité et avec le financement des entreprises concernées ou de leur syndicat professionnel [...]. Les nouveaux immigrés devront, enfin, au moment de la délivrance de leur titre de séjour (carte rouge), prêter serment au respect des lois de la République, de la laïcité et de l’égalité homme-femme&nbsp;».
&nbsp;
. Propositions Le Pen&nbsp;: «&nbsp;Toute procédure d’acquisition automatique (“droit du sol”) sera abrogée. La seule procédure d’acquisition de la nationalité française désormais reconnue sera la naturalisation, laquelle suppose donc le désir de devenir français, désir exprimé sous la forme d’une demande expresse. Cette naturalisation ne pourra être obtenue qu’après vérification de l’assimilation du candidat, c’est-à-dire l’acquisition démontrée, par le candidat et ses proches mineurs, des valeurs spirituelles, des mœurs, de la langue et des usages qui fondent la civilisation française&nbsp;».

&nbsp;
Une immigration non définitive&nbsp;: réforme du titre de séjour
. Rapport Boutih&nbsp;:&nbsp;le secrétaire national du PS propose d’instaurer trois titres de séjour revoyant à des cartes de couleurs différentes, Bleu-Blanc-Rouge (BBR)&nbsp;: «&nbsp;Les nouveaux immigrés se verront attribuer cette carte [rouge] dés leur arrivée sur le territoire ainsi qu’une autorisation de travail effective immédiatement. Deux autres types de titres de séjour particuliers seront instaurés. Leur particularité consistera à permettre un mouvement migratoire sans installation définitive sur le territoire. Ils concerneront ceux qui, pour de multiples raisons, ont besoin de faire des allers-retours entre leur pays et la France. Aujourd’hui, faute d’un dispositif adéquat et d’assurance sur l’octroi de visa, ceux-ci prennent le risque de la clandestinité. C’est l’effet cliquet des frontières fermées que l’on peut ainsi démonter. Un titre de séjour périodique, la carte bleue, valable cinq ans et renouvelable permettra à des étrangers un séjour et une autorisation de travail pendant six mois cumulés ou non. Les bénéficiaires seront les travailleurs saisonniers, les chefs d’entreprise, les commerçants, les chercheurs etc. Ce titre ne permet pas une installation définitive ou régulière sur le territoire. Un titre de séjour étudiants, la carte blanche, avec autorisation de travail et valable cinq ans non renouvelable sera utilisé pour les étudiants étrangers. Ce titre ne donne pas droit à une installation définitive sur le territoire. Les titulaires des cartes bleus ou blanches désirant s’installer définitivement devront déposer une demande aux agences 2A2I de leur pays d’origine. Leurs demandes seront prioritaires à condition de n’avoir aucun moment enfreint la législation au séjour conditionnant leur statut&nbsp;».
&nbsp;
. Propositions Le Pen&nbsp;: «&nbsp;Les cartes de séjour actuellement délivrées pour dix ans et automatiquement reconductibles seront remplacées par des cartes d’un an non renouvelables automatiquement. Les immigrés en situation régulière sont censés résider en France pour y travailler. S’ils n’ont plus de travail, il est logique que leur départ soit envisagé. Les chômeurs étrangers arrivant en fin de droits verront leur carte de séjour devenir caduque. Ils seront, à ce moment, invités à retourner dans leur pays d’origine&nbsp;».

&nbsp;
Organiser le co-développement et le partenariat
. Rapport Boutih&nbsp;:&nbsp;«&nbsp; La réduction des inégalités Nord-Sud doit rester une priorité forte, non pas pour empêcher l’immigration, mais pour la maîtriser. Les aides structurelles au développement restent, à cet égard, essentielles, mais force est de constater que celles-ci ont peu d’impact dans les sociétés concernées et restent accaparées par les appareils d’Etat&nbsp;».
&nbsp;
. Propositions Le Pen&nbsp;: «&nbsp;Le retour des immigrés chez eux devra s’opérer dans des conditions décentes, en liaison avec les États dont ils sont originaires, surtout quand ceux-ci relèvent de la sphère francophone. L’aide aux pays du tiers-monde sera proportionnelle au nombre de leurs ressortissants qui rentreront chez eux. Cette aide ne sera plus prodiguée directement à l’État concerné&nbsp;: elle passera par le canal de sociétés mixtes d’appui à des projets de développement agricole ou économique portés par des ressortissants immigrés retournant dans leur pays d’origine. Toute formation professionnelle d’un apprenti ou d’un salarié d’origine immigrée sera conditionnée par un contrat de retour dans son pays d’origine&nbsp;&nbsp;».
&nbsp;
Malek Boutih copieur du FN mais aussi «&nbsp;innovateur sécuritaire&nbsp;»
Mais l’ancien président de SOS-Racisme, membre du Bureau national du PS, ne s’est pas seulement contenté de plagier le programme du FN. Il a su également introduire un certain nombre d’innovations sécuritaires visant à mettre fin définitivement au «&nbsp;laxisme&nbsp;» des politiques migratoires. Outre la proposition d’instaurer des quotas qui mériterait à elle seule toute une analyse, le rapport Boutih avance l’idée de création d’un «&nbsp;livret sanitaire&nbsp;» qui rappelle étonnement le Carnet anthropométrique individuel et collectif (1912) ou, pire, le Livret ouvrier supprimé en 1890&nbsp;: «&nbsp;Un livret de suivi sanitaire, scolaire et familial permettra aux candidats retenus de préparer en amont leur arrivée et servira aux agences 2A2I de métropole à suivre leur parcours&nbsp;».
&nbsp;
En guise de conclusion&nbsp;:
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Boutih&nbsp;: emblématique de l’aveuglément moral et électoral du PS
Il est clair que le rapport confidentiel du PS, Une nouvelle politique de l’immigration, rédigé par Malek Boutih ne saurait être considéré comme une œuvre collective, produit d’un processus de consultation interne à l’échelle partisane. Il reste un acte individuel qui, compte tenu de la polémique suscitée, aura peu de «&nbsp;chance&nbsp;» d’être homologué par le PS. Toutefois, ce caractère individuel du rapport n’exonère pas totalement la direction socialiste qui, rappelons-le, a commandé l’expertise à une personnalité réputée pourtant pour ses positions souvent démagogiques et populistes sur les questions d’immigration et des banlieues. A ce niveau, force est d’admettre que Malek Boutih n’en est pas à sa première provocation et son impopularité va croissante chez les Français héritiers de l’immigration et au-delà dans les quartiers populaires, qui l’affublent du surnom de «&nbsp;Bounty, noir dessus, blanc dedans&nbsp;», pour mieux signifier leur réprobation à l’égard d’un homme qui incarne désormais la dérive sécuritaire d’un certain anti-racisme médiatique. Plus encore, l’on peut s’étonner que la direction PS reste étrangement silencieuse sur le «&nbsp;cas Boutih&nbsp;», refusant de condamner ouvertement la tonalité lepéniste de certaines de ses propositions. Malek Boutih reste à son poste&nbsp;: jusqu’à ce jour, aucune sanction politique n’a été prononcée à son encontre. Pour moins que cela, l’on se souvient que la Note interne de Pascal Boniface[24] avait suscité la montée au créneau de certains leaders socialistes qui avaient agité à l’époque les risques de dérives communautaristes (Juifs contre Arabes/Arabes contre Juifs). Aujourd’hui, un membre éminent du Bureau national du parti a clairement franchi la «&nbsp;ligne brune&nbsp;», en reprenant à son compte certaines analyses et conceptualisations populistes du Front national et du Mouvement national et républicain, ce que la droite républicaine n’avait même pas osé faire. Aucune voix parmi les leaders nationaux du PS n’a encore dénoncé cette dérive. Le silence vaut ici approbation. Mais plus encore, il est symptomatique de la profonde crise morale qui traverse aujourd’hui le Parti socialiste dans son ensemble et qui pourrait se transformer dans les prochains mois en crise politique et électorale.
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Vincent Geisser
Politologue, chercheur à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (CNRS), enseigne à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence. ]]></description>
	<link>http://latableenationale.zeblog.com/315565-malek-le-pen-ou-jean-marie-boutih/</link>
	<author>Admin</author>
	<pubDate>Fri, 23 Mar 2007 16:11:00 +0100</pubDate> 
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	<title>Lettre ouverte aux candidats à la Présidence de la république</title>
	<description><![CDATA[TOULOUSE, le 16 mars 2007
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Lettre ouverte aux candidats à la Présidence de la république.
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C'est en tant que citoyennes de cette république attachées aux valeurs qui la fonde que nous nous adressons à vous qui visez les plus hautes instances de notre pays.
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Depuis quatre ans, un climat malsain et exaspérant s’est installé dans notre belle France à travers une démarche de division sournoise, nourrie, principalement par des intérêts et des lobbies porteurs de projets communautaristes à l’américaine. Cette vision de la France, nous la rejettons au nom de tous ceux qui nous ont précédés et qui se sont battus pour que tous les êtres humains naissent libres et égaux en droits et pour que tous les citoyens de la république puissent être porteurs de ces valeurs.
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Ce phénomène s’est amplifié dernièrement où tous les coups vils et bas sont permis par certains candidats qui confondent la France avec d’autres pays tels que les USA ou l’Angletterre et qui font campagne autour d’un personnalité que les médias trop sollicités s’autorisent à lyncher ou à soutenir (tout dépend des intérêts de chaque groupe de presse).
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Ici, en France, nous sommes pour que les candidats fassent des propositions dans le cadre d’un programme en lien avec le parti qui les valide et qui sont surtout dans l’intérêt de tous les habitants de ce pays&nbsp;! Qu’on se le dise (et qu’on l’écrive), les manœuvres obscurantistes de genre, de religion, de groupe, ou de communauté d’appartenance malgré tout le tapage médiatique ne prennent pas ou peu sur les citoyens de ce pays. ( Mais notre inquiétude est bien réel face au matraquage quotidien au travers d’une certaine presse qui s’est depuis, il faut bien l’admettre, couché devant les marchands du temple pour agir sur les mentalités et faire ou défaire l’opinion).
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Si nos médias et nos politiques veulent nous faire prendre des vessies pour des lanternes en se servant de certaines revendications minoritaires, ils se méprennent&nbsp;! Bien souvent ils utilisent des méthodes de propagandes et d’intimidations nuisibles à nos valeurs républicaines et anti-démocratiques. Et&nbsp; nous nous dresserons toujours contre ces méthodes&nbsp;!
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Il faut qu’ils sachent que la majorité des habitants de ce pays partage l’idée d’un avenir commun dont les valeurs laïques et démocratiques sont les socles. Nous exigeons des candidats à l’élection des propositions réalistes et un vrai programme pour tous les «&nbsp;enfants de la République&nbsp;», au risque d’être sanctionnés par le peuple&nbsp;! 
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Pendant ce temps là, ce dernier, vit toujours les effets pervers d’une triste réalité politique et non dans une bulle de «&nbsp;manœuvres&nbsp;» où des techniciens qui pensent qu’à coups de sondages et matraquages médiatiques nous voterons pour leurs candidats.
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Sachez, mesdames et messieurs, que nous réfléchissons, pensons et analysons aussi vos outils, vos positions, et vos démarches pour accéder à la présidence de la république. Nous restons VIGILANTS&nbsp;!
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Pour la Tablée Nationale. (des citoyenNEs)
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	<link>http://latableenationale.zeblog.com/149915-lettre-ouverte-aux-candidats-a-la-presidence-de-la-republique/</link>
	<author>Admin</author>
	<pubDate>Wed, 14 Feb 2007 16:38:00 +0100</pubDate> 
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	<title>Municipales 2008</title>
	<description><![CDATA[
  MUNICIPALES 2008  C’est officiel&nbsp;! Il y aura au moins 6 listes citoyennes&nbsp; lors des municipales de 2008. Le mouvement La Tablée Nationale, lancé en octobre 2005 , a décidé de soutenir une liste dans chaque Ville où un comité local s’est créé. Ces listes sont essentiellement composées d’habitants et de citoyens qui ont la volonté de faire «&nbsp;bouger&nbsp;» les choses en affichant clairement leur objectif principal&nbsp;: une réelle participation et une représentation démocratique des habitants au sein des instances décisionnelles.  La démarche de la Tablée Nationale est la synthèse de deux initiatives qui avaient vu le jour avant les émeutes de novembre 2005&nbsp;: celle d’un collectif associatif, qui réunissait des citoyens et militants en rupture avec les partis traditionnels et des initiatives d’habitants et de jeunes qui voulaient faire entendre leur voix. Mais cette fois, la Tablée Nationale a réussi à rassembler ces deux démarches.  Pourtant, à la naissance de la Tablée Nationale, en octobre dernier, il n’était pas forcément question de listes aux municipales, “mais d’un mouvement de citoyens qui ne veulent pas se contenter du fonctionnement actuel, avec seulement une consultation des habitants tous les six ans”, si l’on en croit Amar Zouareg, président de la Tablée Nationale. Mais après avoir rencontré les responsables des partis de gauche, et constatant que leur démarche n’était pas de “revigorer la démocratie face à la perte de confiance du politique», ils ont décidé d’y aller, “car nous n’avons pas intérêt à faire l’économie de la démocratie représentative” souligne Amar Zouareg.  “Notre objectif …être présent au second tour”  Les concertations avec les habitants, dont la Tablée Nationale se veut le prolongement, ne sont pas terminées pour autant. Mais pour Amar Zouareg, responsable de la Tablée Nationale qui soutient l’initiative, il ne s’agit pas seulement d’aller à une élection, mais “de s’inscrire dans un objectif à long terme pour créer un réseau de citoyens intéressés par les problèmes de la cité”. Autrement dit, les municipales de mars 2008 “sont un point de départ, et si nous avons des élus, nous expérimenterons la démocratie locale”.  En créant leurs listes, les responsables de la Tablée Nationale se défendent de faire le jeu de l’extême droite, en faisant de l’ombre aux listes de gauche. “Même si nous pensons que ces listes peuvent gagner, nous présenterons tout de même les nôtres” explique Amar Zouareg, “car notre objectif est différent”. Cela étant, il n’y a pas d’exclusive pour le second tour de l’élection. “Plus les listes PS-PC et divers gauche voire de droite s’occuperont de citoyenneté, plus il sera facile de discuter” ajoute-t-il, précisant qu’il “ne s’agit pas d’un petit tour pour fusionner ensuite au sein de la gauche plurielle ou de l’UMP”.   “Si nous faisons plus de 5 %, nous serons présents d’une manière ou d’une autre au second tour” ajoutent les responsables de la Tablée Nationale, qui précisent tout de même “qu’il n’y aura pas d’alliance avec l’extrême droite, c’est clair”. Autour des Comités locaux de la Tablée Nationale, on devrait retrouver d’autres responsables d’association ou de mouvement citoyens&nbsp;. Pour élargir son audience, la Tablée Nationale organisera des réunions publiques, au lendemain des présidentielles, dans chaque ville concernée.  Communiqué de la Tablée Nationale    
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	<link>http://latableenationale.zeblog.com/146770-municipales-2008/</link>
	<author>Admin</author>
	<pubDate>Fri, 09 Feb 2007 17:37:00 +0100</pubDate> 
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