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Une autre vision du monde et de la cité

Par Admin :: 04/05/2007 à 17:41 :: LOGEMENT

 

 

Une autre vision du monde et de la cité.

Le 4 mai 2007, par Amar ZOUAREG

Avec ma famille nous avons vécu 15 ans en HLM, et nous avons été confrontés aux problèmes de plus en plus pressants de notre société. C’est dans ce contexte, et par la confrontation avec d’autres contextes et d’autres expériences qu’est née notre conscience politique. Elle est née d’un désir d’une autre ville et d’une autre vie dans la ville, pour tous. Une recherche de la qualité, qui est aussi le propre de l’homme, sans cesse en quête d’un meilleur confort, d’un mieux vivre ensemble comme disent les politiques aujourd’hui.

Ces HLM, ces non-lieux s’étendent de plus en plus dans le temps et dans l’espace, parce qu’ils sont créés non par des individus responsables aimant leur lieu de vie, mais par des groupes d’individus organisés de façon " rationnelle " (administration, entreprises) qui construisent l’espace public sans amour, sans conscience, sans responsabilité. Ils sont la conséquence d’un désir de contrôle absolu de l’autre, et de l’environnement. Ils gagnent du terrain sur toute la terre, et dans les comportements de toutes les sociétés. Ce crime perpétré en suivant des lois pleines de bonnes intentions, ravage aussi bien l’espace public en ville, que le paysage ou les villages.

Ce crime contre l’espace humain, est aussi lié à la hiérarchie, et à l’anonymat qui y est lié. 

Baptiser de jolis noms des "cages à poules" dans le contexte du HLM que je vais décrire,a une double signification. La première est le double langage : comme on a inscrit " Liberté, égalité, Fraternité " au frontispice de nos monuments, on baptise Marcel Bertrand, Winston Churchill,etc... un univers concentrationnaire. L’autre signification, c’est que si l’univers concentrationnaire de la résidence ou du HLM nous forme, quelles autres directions que le fascisme, la révolte, ou le désespoir peuvent prendre ses habitants ?

Le HLM est un ensemble rectangulaire dans les tons rouge et gris, rénové une fois en quinze ans. Alors qu’une couleur ocre, jaune sans faire des miracles, aurait rendu le lieu plus accueillant, plus chaleureux, un architecte " inspiré " par ce qu’il pense être la modernité, en a décidé autrement. Avez-vous remarqué l’architecture française du XXème siècle à la périphérie de nos villes : boîtes à chaussure grisâtres... mais décrire l’univers du supermarché nécessiterait un long développement.

Construit il y a plus de 30 ans, le HLM avait été rénové il y a 15 ans ans, mais aujourd’hui des morceaux de bétons se décollent du bord de fenêtres et du toit, risquant de tuer les habitants. L’office des HLM a donc décidé d’encercler les bâtiments par des barrières de 1 mètre de haut. J’imagine qu’ainsi en cas d’accident, nous étions en zone de chantier, et l’administration ne pouvait être tenue pour responsable.

Quelle est la responsabilité première, et cela personne n’a abordé cette question pourtant évidente : celle d’avoir construit des bâtiments les moins chers possibles, s’écroulant dès leur construction.

Les socialistes gérant les HLM à des fins clientélistes, vous objecteront alors qu’ils ont été construits sous un gouvernement de droite. (Le même clientélisme sévit à Paris de la part de la droite). S’ils l’avaient été sous un gouvernement socialiste, on vous aurait dit que c’est à cause de la conjoncture internationale.

Combien a coûté une rénovation et celles qui suivront ? Comment estimer le coût social d’habiter dans de telles conditions (augmentation des maladies, violence...) ? Combien coûtera l’élimination des matériaux avec lesquels sont construits ces bâtiments? Pourquoi ne pas construire de façon durable ? Pourquoi en Allemagne de l’ouest, malgré la densité de population plus importante, on a construit des bâtiments à échelle humaine, et dans des matériaux meilleurs ? Il y a d’ailleurs un intéressante comparaison à faire entre Allemagne de de l’Ouest, de l’Est et la France du point de vue de l’architecture et de la démocratie.

Pourtant il y a des alternatives : politiques, intellectuels français, allez voir en Allemagne les constructions actuelles de logements sociaux, des lieux de vie fantastiques. En Suède, il y a des HLM avec recyclage de l’eau, orientation bioclimatique des bâtiments, utilisation de matériaux non polluants, où l’on peut partager machines à laver, salle de télévision, sauna... Il y a un vrai plaisir de vivre ensemble dans la ville, pourquoi ce plaisir est-il nié au point que la petite bourgeoisie ne rêve que d’un pavillon de banlieue pour fuir la ville ? J’ai vu en Allemagne, des habitants partager un repas sur une table au pied du HLM. Ici cela serait surréaliste : de l’art !

En France, l’office des HLM de l’Isère a construit un quartier d’habitations en terre-paille avec des chemins pietonniers, des pistes cyclables, et la possibilité de jouer pour les enfants...

La place de l’enfant dans les cités (mais aussi dans la société française) est aussi significative de la démocratie. C’est la place de celui qui ne vote pas, du plus faible. Dans notre HLM les jeux sont cassés, au milieu des crottes de chiens, des déchets et des seringues. Depuis longtemps ils sont devenus dangereux. D’autres placettes du quartier méritent aussi le regard. Couverte de graviers et de morceaux de verres, les plantations sont " encadrées " dans des bacs en béton. Des sièges en fer grillagés d’une seule place, pour empêcher les SDF d’y dormir, sont disposés à deux mètres d’intervalle. Aucune convivialité, aucune discussion ne peut s’engager dans cet endroit. Aucune parole citoyenne ne peut donc se développer en dehors du conseil de quartier qui bien sûr est contrôlé par la mairie, et dans lequel ne peut se construire un réel et libre échange de paroles des citoyens. La place est vide. La place de la parole citoyenne est vide. L’absence de conscience politique dans notre société, dans ces conditions d’absence de rencontre ne m’étonne pas. Si le papi d’extrême droite joue à la pétanque avec l’arabe du coin, si l’intellectuel s’assoit sur un banc et parle avec le chômeur, le tissu social peut exister, la fragmentation de notre société s’estomper.

Une autre placette, récemment construite a été bâtie sur un modèle de non-communication similaire.

Les espaces de liberté où l’on pouvait faire de tout n’importe où (pique-niquer à l’endroit choisi, jouer au cerf-volant, courir, s’allonger...) est devenu un espace contrôlé, quadrillé, zoné : Il faut empêcher les Gitans de squatter le terrain du contribuable qui vote.

 

Des espaces libres de moins ! Des jardins familiaux sont créés et l’on valorise l’aspect " insertion sociale " (utilisation des " Contrats précaires ", colmatage sans avenir des brèches sociales qui n’est jamais que payer moins cher et exploiter les jeunes et les pauvres). Les socialistes n’envisagent leurs relations avec les autres, qu’en terme et de contrôle (je te donne du travail, un poste politique, mais tu fais ce que je te dis ou tu démissiones), au lieu de s’enrichir de compétence, et d’une vision nouvelle du monde, dont l’émergence est nécessaire et inéluctable.

L’objectif politique est clair : laminer, discréditer pour récupérer des voix. Le mode de scrutin en est à la fois la cause et la conséquence. Il faut passer d’une culture de la domination, à une culture de la discussion, de la coopération.

Architecture participative.

La comparaison avec l’Allemagne, là-encore s’impose, où toute décision doit être négociée avec tous les partenaires. Une architecture qui est discutée par ceux qui vont y vivre, une cité qui s’élabore dans la parole, une démocratie qui est vivante des racines de l’arbre jusqu’au bout des feuilles. " Euralille " qui a coûté plusieurs milliards aux contribuables et dont les tours de bureaux sont vides a été décidée par un seul homme aux fantasmes de grandeur et rêvant d’une modernité dépassée, et non pas par un tissu vivant de la démocratie.

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